Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/119

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Dans le temps que ce fruit était renfermé encore, petit- fils de l’illustre Bhrigou, dans la chaste Poulomâ, épouse d’une naissance égale à celle de son époux, 871-872.

Bhrigou, le plus solide appui du devoir, étant sorti pour ses ablutions, le Rakshasa Pouloman arriva presque aussitôt à la porte de son hermitage. 873.

Il entra, il vit la ravissante épouse de Bhrigou et, tout enflammé d’amour, il en devint comme insensé. 874.

Poulomâ, le charme des yeux, invita le Rakshasa dès son arrivée à manger des fruits, des racines et d’autres productions des forêts. 875.

Une horripilation de plaisir à sa vue, ô maître, ô brahme, s’était répandue sur le corps du Rakshasa, consumé d’amour, et il eut envie de ravir cette femme charmante.

« C’est une chose, qui m’appartient ! » se dit-il, plein de joie dans son désir d’enlever la séduisante épouse. En effet, Pouloman avait choisi et demandé avant Bhrigou cette femme au chaste sourire. 876-877.

Mais son père l’avait donnée ensuite à Bhrigou, en se conformant aux règles des Çâstras ; et cette offense, rejeton de Bhrigou, était restée ineffaçable dans le cœur du Rakshasa. 878.

« Voici l’occasion ! » Lui, à ces mots, de tourner son esprit vers la pensée du rapt. En ce moment, il vit Agni tout flamboyant dans le sanctuaire du feu. 879.

Le démon alors se mit à interroger le feu allumé : « Réponds avec sincérité à ma question, Agni : de qui cette femme est-elle l’épouse ? 880.

« Tu es la bouche des Dieux : parle. Feu ; je te le demande. N’est-ce pas cette femme de noble condition, que j’avais choisie avant Bhrigou pour mon épouse ? 881.