Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/170

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À ces mots de Garouda, le brahmane répondit ainsi : « Ma femme est une Nishâdî ; qu’elle sorte donc avec moi ! » 1343.

« Je t’accorde aussi la vie de cette Nishâdî, reprit Garouda ; mais sors vite avec elle. Sauve proprement ta personne avant que la chaleur de mon estomac ne l’ait digérée ! »

Ensuite, continua le Soûtide, le brahmane étant sorti, accompagné de la Nishâdî, combla de ses bénédictions Garouda et s’en alla oûson désir le conduisit. 1344-1345.

Débarrassé du brahmane et de son épouse, le roi des volatiles déploya ses ailes et prit, aussi rapide que la pensée, son essor vers le ciel. 1346.

Après ces choses, il vit son père, il lit à ses questions les réponses convenables ; et le grand saint à l’âme sans mesure lui adressa les mots suivants : 1347.

« En quel état sont vos santés ? dit Kaçyapa. Ne manquent-elles jamais de copieux aliments ? Trouves-tu, mon fils, dans le monde des hommes une abondante nourriture ? » 1348.

« Ma mère va bien, répondit Garouda, ainsi que mon frère et moi. Mais je n’ai pas toujours le bonheur, mon père, d’avoir une nourriture abondante. 1349.

» Les serpents m’ont envoyé chercher l’ambroisie nom-pareille, et je la rapporterai sans nul doute aujourd’hui pour faire cesser l’esclavage de ma mère. 1350.

» J’ai reçu de ma mère ce conseil : « Mange les Nishâdas ! » J’en ai mangé par milliers, et ma faim n’est pas encore assouvie. 1351.

» Indique-moi donc un nouveau repas, auguste et vénérable saint, afin que je trouve en lui une vigueur suffisante pour enlever l’ambroisie : que ta sainteté m’enseigne un aliment capable d’éteindre la faim et la soif. » 1352.