Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/349

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mes yeux : je ne te connais pas ; va-t’en où bon te semblera ! » 3068.

« Sire, tu vois bien les défauts des autres, dit Çakountalâ, fussent-ils aussi petits que le grain de sénevé ; mais tes yeux, fixés sur toi, n’y voient pas les tiens, aussi gros que le fruit du vilva. 3069.

» Ménakâ est au rang des treize Dieux, et les treize Dieux sont après Ménakâ : ma naissance, Doushmanta, est donc plus élevée que ta naissance elle-même. 3070.

» Tu suis les routes de la terre, Indra des hommes ; je parcours les sentiers du ciel. La différence de l’un à l’autre de nous deux, vois ! c’est toute la différence, qu’il y a du Mérou au grain de sénevé. 3071.

» Ma nature vient après celle de Mahéndra, de Kouvéra, d’Yama et de Varouna : vois quelle est ma puissance, roi des hommes ! 3072.

» Chacune des choses, que je vais te dire en exemple, homme sans péché, est une preuve juste et vraie, veuille bien ne pas les prendre avec haine. 3073.

» Tant qu’un homme laid n’a pas vu son visage dans un miroir, il se croit plus beau que les autres. 3074.

» Mais, une fois qu’il a vu dans ce miroir sa vilaine figure, il pense alors que tout autre est lui-même et que tout autres sont les gens. 3075.

» Un homme, qui est doué d’une grande beauté, ne méprise qui que ce soit. Un homme, qui a la bouche pleine de mauvaises paroles, se fait ici-bas un plaisir d’insulter.

» Un sot, qui entend des hommes causer de choses bonnes et mauvaises, y prend ce qu’il y a de mauvais, comme un pourceau les immondices. 3076-3077.

Le sage, au contraire, s’il entend des hommes jeter