Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/463

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« Arrête ! arrête, amant des femmes ! » criait à Bhîshma le roi de la terre, Çâlva aux longs bras, excité par la colère. 4110.

Troublé par la colère à ces paroles et flamboyant comme un feu sans fumée, le tigre des hommes, Bhîshma, qui broie la force des ennemis, 4111.

Tenant son arc bandé à la main, creusant son front de rides, et l’émotion de la crainte bannie de son cœur, n’oublia pas le devoir du kshatrya. 4112.

Le héros fit retourner son char contre Çâlva ; et tous les rois, à la vue de cette volte-face, devinrent les spectateurs de la lutte entre Çâlva et Bhîshma. 4113.

Tels que deux taureaux vigoureux, doués de force et de courage, si entre eux survient une génisse, rien ne peut les empêcher de s’approcher l’un de l’autre en mugissant. 4114.

Tout à coup le roi Çâlva, le plus vaillant des hommes, inonda le fils de Çântanou, Bhîshma, de ses rapides flèches par centaines de mille. 4115

À la vue de Bhîshma, que Çâlva le premier avait assailli, l’admiration saisit les rois et : « Bien 1 bien ! » crièrent-ils. 4116.

À l’aspect de son agilité dans le combat, les princes de la terre joyeux de féliciter Çâlva, le puissant monarque, de toutes leurs voix. 4117.

Saisi de colère à l’audition de ces discours, le conquérant des villes ennemies, Bhîshma, le fils de Çântanou, s’écria : « Attends ! attends ! » 4118.

Il dit en fureur à son cocher : « Vas où est ce roi afin que je le tue à l’instant, comme Garouda tue un serpent ! » 4119.