Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/494

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L’âme consternée à la vue de son nouveau-né, la Vrishnide de songer attentivement au parti, qui serait le meilleur à prendre. 4401.

Alors, cachant sa faute par crainte de ses parents, Kountî abandonna au milieu des eaux son enfant à la grande force. 4402.

Le cocher héréditaire du roi, l’illustre époux de Râdhâ, recueillit ce nouveau-né, que sa mère avait délaissé dans les ondes et l’adopta avec son épouse. 4403.

Ils firent de concert un nom pour cet enfant : « Appelons Vasoushéna [1], dirent-ils, ce petit inconnu, qui est né ainsi comblé de richesse. 4404.

Vigoureux en grandissant, il s’étudiait à manier toutes les armes ; plein d’énergie, il s’approcha du soleil jusqu’à l’extrême bord de sa chaleur. 4405.

Dans le temps, où ce héros sage récitait la prière à voix basse, il n’existait rien sur la surface de la terre, qu’il exceptât de ses dons aux brahmanes. 4406.

Indra, métamorphosé en brahme, s’approcha de lui, mendiant une aumône et, pour le plaisir de faire une chose utile à Phâlgouna, lui demanda sa cuirasse. 4407.

Karna aussitôt retranche de son corps sa cuirasse naturelle et, les mains jointes au front, la donne à Çakra sous les formes d’un brahme. 4408.

Le roi des Immortels, le souverain des Dieux, charmé de cette action du héros, lui offrit en retour une lance de fer et lui tint ce langage : 4400.

« Un seul être, que tu voudras tuer avec cette arme, cessera de vivre à l’instant, quel qu’il soit des Dieux, des

  1. Celui, qui a une armée, c’est-à-dire, une multitude de richesses.