Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/493

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ma tête ; car il faut toujours défendre les femmes, fussent-elles continuellement bien coupables. » 4392.

« Je sais tout cela, reprit le soleil, et que Dourvâsas t’a fait présent d’une grâce ; bannis cette crainte, et viens ici dans mes bras. 4393.

» Je ne puis m’être fait voir en vain, et tu m’as appelé, fille charmante. La faute serait ici, belle craintive, dans une évocation sans but : il n’y a là-dessus aucun doute ! »

Le soleil, Bharatide, lui répéta les mêmes choses en différentes manières, jetant un mot caressant à la tête de ses paroles ; mais la princesse à la jolie taille ne voulait pas et disait toujours : a Je suis une vierge. » 4394-4395.

Alarmée dans sa pudeur, effrayée du côté de ses parents, l’illustre jeune fille refusait ; et le soleil, puissant Bharatide, lui dit encore ces paroles : 4396.

« Par une grâce de moi, reine, il ne sera fait aucun tort à ta virginité. » Quand il eut ainsi parlé à la fille du roi de Kountî, le soleil, qui opère la manifestation de toutes les choses, goûta le plaisir avec elle. Alors fut conçu un héros, embryon divin, fortuné, beau, toujours couvert de sa cuirasse et le plus brave de tous ceux, qui portent les armes. 4397-4398.

De là naquit ce fils du soleil, qui portait une cuirasse naturelle, de qui le visage resplendissait de ses boucles-d’oreille natives, et qui fut connu dans tous les mondes sous le nom de Karna. 4399.

Le Dieu à l’éblouissante lumière, le plus puissant des êtres, qui échauffent, rendit à la jeune Kountî sa virginité et, cette restitution faite, il s’en revint au ciel. 4400.