Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/551

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versaient des oblations dans leurs feux allumés. 4944.

Les brahmes, les kshatryas, les vaîçyas, les çoûdras, tous en pleurs et consumés de chagrin, suivaient par milliers le monarque sans vie. 4945.

« Toi, que voici là, tu nous abandonnes, tu nous plonges dans une douleur éternelle, tu nous laisses sans protecteur ! Où vas-tu maintenant, souverain des hommes ? »

Telles étaient les plaintes, que poussaient tous les Pândouides, Bhîshma et Vidoura lui-même. On déposa dans un lieu purifié, sur les rives de la Gangâ, dans un site délicieusement ombragé, cette litière, qui portait avec son épouse ce lion des hommes, Pândou aux travaux infatigables, aux paroles de vérité. 4946-4947-4948.

On se hâta d’arroser avec l’eau sainte, puisée en des aiguières d’or, son corps, embaumé de tous les parfums, oint d’un onguent blanc de kâliyakâ et semé d’un sandal céleste ; puis, on le frotta de tous les côtés avec du sandal blanc, 4949-4950.

Joint au suc exprimé du tounga, mêlé à de l’aloês noir ; enfin on le couvrit de vêtements blancs, production et ouvrage du pays. 4951.

Le monarque, revêtu de ces habits, comme s’il était vivant, resplendissait encore tel qu’un souverain, accoutumé à s’asseoir sur un siège de la plus haute valeur. 4952.

La cérémonie des obsèques terminée, quand les sacrificateurs eurent donné congé au mort, on brûla, Mâdrî à ses côtés, le roi avec ses belles parures, arrosé, suivant les rites, de beurre clarifié, d’un sandal à l’exquise odeur, de padma, de tounga et de tous les autres parfums divers. 4953-4954.

À l’aspect de ces deux corps sans vie, Kâauçalyâ de