Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/581

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La bouche du fils de Kountî n’est pas très-désireuse de manger, mais il en est autrement de sa main pour agir, grâce aux faveurs, dont fut doué ce resplendissant héros.

Il était nuit ; mais le fils de Pândou n’en songea pas moins aux occupations militaires, et le guerrier aux longs bras de s’exercer la main avec son arc. 5234-5235.

Drona entendit le bruit, que jetait la surface de sa corde ; il se leva, s’approcha de lui, Bharatide, l’embrassa et lui dit ces mots : 5236.

« J’emploierai mes soins à faire qu’il n’y ait dans le monde aucun archer égal à toi : je te le dis sur la vérité. » 5237.

Ensuite Drona enseigna de nouveau à Arjouna, reprit Vaîçampâyana, la science des combats à cheval, sur des éléphants, sur des chars, ou même à pied sur la terre.

Il instruisit les rejetons de Kourou aux combats dans une mêlée, aux combats à la massue, à manier l’épée, les épieux de fer, les traits barbelés et des leviers en fer.

Sur la renommée de son habileté, désirant apprendre le Dhanour-Véda, les rois et les fils de rois affluaient vers lui par milliers. 5238-5239-5240.

Ékalavya, le grand monarque, fils de Hiranyadhanoush, roi des Nishâdas, se rendit lui-même chez Drona. 5241.

Mais celui-ci, qui n’ignorait pas le devoir : « C’est un prince des Nishâdas ! » pensa-t-il ; et, par la considération des autres, il ne voulut pas le recevoir pour élève en la science de l’arc. 5242.

Le formidable prince toucha de sa tête les pieds de l’anachorète ; et, s’exilant au fond des bois, il se fit une idole de terre à l’image de Drona. 5243.

Là, il observa exactement à l’égard de cette figure la