Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/586

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Drona, un instant après, dit ces mots, puissant Bbaratide, au petit-neveu de Kourou, qui tenait son arc bandé : 5282.

« Vois-tu le vautour mis sur l’arbre, fils du plus vertueux des hommes ? » — « Je le vois, » répondit Youddhishthira à son maître. » 5283.

Après un nouvel instant, Drona lui dit encore : « Vois-tu l’arbre, ou moi, ou tes frères eux-mêmes ? » 5284.

Le fils de Kountî lui répondit à deux et trois fois : « Je vois cet arbre, et ta révérence, et mes frères, et l’oiseau. »

« Marche ! » fit Drona comme d’une âme joyeuse, et il ajouta avec dédain : « Il est impossible que tu frappes ce but ! »

Le maître à la haute renommée interrogea ainsi, en suivant l’ordre et pour expérimenter leur savoir, Douryodhana et les autres fils de Dhritarâshtra, ses frères. 5287.

Il éprouva ainsi, et Bhîma, et les deux jumeaux, et ses autres disciples, princes des pays étrangers ; « Voyons tout cela ! » dit-il : et tous furent dédaignés comme le fut Youddhisthira. 5285-5286-5288.

Ensuite Drona dit en souriant à Dhanandjaya : « C’est à toi maintenant d’attaquer ce but. Regarde-le ! 5289.

» Au même instant que sortira ma parole, envoie ta flèche ! Bande ton arc, mon fils, et reste en attitude une minute seulement. » 5290-5291.

À ces mots, l’Ambidextre, excité par la voix du maître, fit courber son arc et se tint, visant le vautour. 5292.

Un instant après : « Vois-tu l’oiseau mis sur la cime, Arjouna, et l’arbre, et moi-même, lui dit son gourou. »

« Je ne vois que le vautour ; et je ne vois ni l’arbre, ni ta révérence ! » C’est ainsi, Bharatide, que le fils de Kountî répondit à son maître. 5293-5294.