Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/610

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» Je te demanderai encore ton amitié, noble roi ; je t’accorde une grâce, sire : accepte en présent la moitié de ton royaume. 5507,

« Un homme, qui n’est pas roi, as-tu dit, ne mérite pas d’être l’ami d’un roi ; » c’est vrai, Yajnaséna, et c’est pour cela que je me réserve une part dans ton royaume.

» Règne sur la contrée au midi, moi je régnerai sur le pays au nord du Gange, et regarde-moi comme ton ami, si tel est aussi ton sentiment. » 5508-5509.

Droupada lui répondit :

« Cette conduite, brahme, n’a rien, qui étonne en des âmes héroïques et magnanimes. Je m’en félicite, et mon désir est de renouer avec toi une éternelle amitié. » 5510.

A ces mots Drona le remit en liberté, noble Bharatide, le traita d’une âme satisfaite comme son hôte, lui rendit la moitié de son royaume 5511.

Et lui donna, sur la rive de la Gangâ, Makandî aux grasses campagnes. Dès lors, humilié dans son orgueil, Droupada fit de Kâmpilya sa résidence et sa capitale. 5512.

Il régna sur les Pântchâlains méridionaux jusque sur les bords de la rivière Tcharmanvatî. C’est ainsi que Droupada fut sauvé par l’anachorète, qu’il avait méprisé. 5513.

Il ne vit pas la défaite du brahme par la force de kshatrya, et reconnut que le kshatrya n’avait pas la force du brahme. 5514.

Désirant la naissance d’un fils, Drona parcourut la terre ; il arriva dans la contrée d’Ahitchhatra. 5515.

C’est ainsi qu’il reçut d’Arjouna, sire, qui l’avait conquise, les armes à la main, la ville d’Ahitchhatrâ, avec ses belles campagnes. 5516.

Une année s’étant écoulée, seigneur, Dhritarâshtra,