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ADI-PARVA.

» Ce bois admirable, nommé Angâraparna, est mon domaine. Je viens m’y divertir le long du Gange, sans obstacle à mes volontés. 6440.

» Ni les Rakshasas, armés de cornes, ni les Dieux, ni les hommes ne mettent le pied dans cette forêt : pourquoi donc y venez-vous ? » 6450.

« Stupide habitant des airs, lui répondit Arjouna, de qui a-t-on besoin de posséder l’agrément, le jour ou la nuit, à l’un ou à l’autre crépuscule, soit dans la mer ou sur les flancs de l’Himâlaya, soit près de cette rivière ? Présent ou futur, on n’a que faire de permission pour le temps, une fois atteint le Gange, le plus saint des fleuves !

» Forts comme nous sommes, nous pourrions te vaincre à cette heure, qui n’est pas celle des combats ; car, farouche monarque, les hommes, qui manquent de force, nous honorent dans les batailles. 6451-6462-6453.

» Jadis est née la Gangâ, qui, sortie de la cime d’or du mont Himalaya, s’en alla par sept canaux mêler son onde aux flots de la mer. 6454.

» Ceux, qui boivent l’eau de ces sept rivières, la Gangâ, l’Yamounâ, née dans le Plaksha, la Sarasvati, la Rathasthâ, la Sarayoû, la Gomatî et la Gantakî, ne gardent pas long-temps les souillures du léché. Ensuite la Gangâ pure, coulant au sein des cieux, devint chez les Dieux, Gandharva, la rivière Alakanandâ. 6455-6456.

» Après, descendue chez les Mânes, la Gangâ y forme le fleuve Vaîtarinî, infranchissable aux damnés : ainsi nous l’a dit Krishna-Dwaîpayâna. 6457.

» Rivière sainte des Dieux, abordable à tous, ouvrant les portes du ciel, comment veux-tu nous l’interdire ? N’est-ce pas le devoir éternel ? 6458.

» Arrêtés par ta voix, nous ne toucherions pas, selon