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SABHA-PARVA.

être bu que par les bons ; étouffe, grand roi, ta colère ; et bois-le ! 2138.

» Je désire, à Dhritarâshtra et son fils, une gloire éternelle et des richesses sans fin. Que l’hommage te soit rendu, comme il t’est justement dû ! Puisse le bonheur nous sourire, à toi et à moi ! Daignent les brahmes nous le procurer ! » 2139.

» Le sage n’irritera point les serpents, dont les yeux dardent le poison ! Je te parle ainsi dans mon dévouement pour toi, digne enfant de Kourou. » 2140.

« Youddhishthira, dit alors Çakouni, tu as perdu les immenses richesses des fils de Pândou. Dis s’il te reste encore, fils de Kountî, un bien, qu’on ne t’ait pas gagné, » 2141.

« La richesse, qui me reste encore, Soubalide, est incalculable, répondit Youddhisthira ; mais pourquoi, Çakouni, cette demande sur mes richesses ? 2142.

» Qu’on joue ici une dixaine de mille, un million, dix millions, cent millions, une myriade de millions, cent mille millions, un milliard, un nikharva, cent billions, un madhya, un parârdha et même au-dessus : je suis maître de cette richesse ; je la joue, sire, contre toi ! »

À ces mots, Çakouni, résolu dans sa mauvaise foi, s’aide encore de la tricherie, jette les dés et lui dit : « Tu as perdu ! » 2143-2144-1145.

Youddhishthira de continuer :

« Mes haras de chevaux, mes étables de bœufs et de taureaux, mes parcs tout remplis de vaches laitières, mes chèvres, mes brebis, mes bestiaux enfin, quels qu’ils soient, fils de Soubala, paissant le long de la Parnâçâ, à l’orient