Page:Faucher de Saint-Maurice - Promenades dans le golfe Saint-Laurent, 1886.djvu/130

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LES ÎLES DANS

V

L’ARCHIPEL DE LA MADELEINE.


Pour ravitailler le Rocher-aux-Oiseaux, il faut que la mer soit parfaitement calme. Au moindre souffle qui court sur la surface du golfe, la vague agit comme un bélier contre la falaise escarpée de l’îlot, et réduit en atome tout ce qui commet l’imprudence de passer à portée de son étreinte. Il ne faut donc pas s’étonner si, dix heures après son départ de l’Anticosti, le Napoléon III luttant contre une petite brise, frisait l’île Brion, et allait jeter l’ancre dans une des criques de ce groupe. Il était alors cinq heures de l’après-midi. Devant nous se détachaient les flancs rougeâtres de l’île : ils tranchaient sur le bleu de la mer ; et vu du tillac, le paysage qui nous entourait, semblait devenir l’avant-plan d’une marine superbe, dont le fond se serait composé des îles de la Madeleine et du Rocher-aux-Oiseaux.

Ce fut le 25 juin 1534, que Jacques-Cartier découvrit cette partie de l’archipel de la Madeleine. Il lui donna le nom de Brion, en l’honneur de l’amiral de France le vicomte de Chabot, seigneur de Brion ; mais comme ici-bas tout se perd, cette île n’est plus connue par la plupart