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Page:Faure - Encyclopédie anarchiste, tome 2.djvu/53

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pourtour de l’anneau ou dans des encoches creusées, à même dans les rondelles feuilletées. Les courants engendrés sont alternatifs ; on les redresse au moyen du collecteur.

Le collecteur est formé de lames de cuivre isolées les unes des autres par des lames de mica. Le collecteur se fixe au bout de l’induit sur le même arbre. Les sections d’enroulement sont reliées aux lames de cuivre. Des balais en charbon frottent sur le collecteur et recueillent le courant redressé.

Moteurs : Les dynamos étant réversibles, si nous envoyons un courant dans une dynamo, celle-ci se mettra à tourner et retransformera l’énergie électrique en énergie mécanique.

Le moteur se compose des mêmes organes que la dynamo.

Les moteurs reçoivent une foule d’applications. Ils rendent de très grands services ; ils ont permis l’emploi de la force à de très grandes distances de la machine génératrice. L’utilisation des chutes d’eau actionnant des alternateurs ont permis d’employer la force à des distances considérables. La force électromotrice dans ces lignes est très élevée ; parfois, elle dépasse 150.000 volts.

Aux endroits où elle doit être employée, les courants sont transformés en haute et basse tension, au moyen des transformateurs.

Aujourd’hui, que ne fait-on pas avec le moteur électrique : métro, chemin de fer, tramways, machines d’extraction pour les mines, sous-marins utilisant les accumulateurs pour la plongée, etc. ?

On se sert beaucoup de petits moteurs pour usages domestiques : moteurs pour machine à coudre, aspirateurs de poussière, séchoirs électriques, ventilateurs, etc., etc.

Éclairage : On emploie l’électricité pour l’éclairage soit au moyen des lampes à arcs ou des lampes à incandescence (Voir Lampes électriques). Voir aussi : télégraphe, télégraphie sans fil, téléphone et téléphonie sans fil.

ÉLECTRICITÉ. Nom donné à la cause de certains phénomènes appelés phénomènes électriques.

La découverte des phénomènes électriques remonte à des temps très reculés. La foudre connue de tout temps en est une manifestation violente. Les Grecs connaissaient la propriété que possède l’ambre frotté avec un chiffon sec, d’attirer des corps légers (600 ans av. J.-C.). Au xviie siècle, Gilbert démontra que d’autres corps peuvent s’électriser par frottement. Plus tard, on s’aperçut que les particules électrisées par l’ambre étaient ensuite repoussées par cette matière, alors que le verre les attirait, d’où l’idée de deux sortes d’électricité : positive et négative, et cette formule : « Deux électricités de nom contraire s’attirent, deux électricités de même nom se repoussent. »

Galvani découvrit beaucoup plus tard l’énergie électrique d’origine chimique en disséquant des grenouilles. L’expérience fut reprise et développée par Volta, qui trouva la pile électro-chimique. Laplace et Ampère appliquent leur génie à la recherche des lois de circulation des courants. Joule étudie leurs propriétés calorifiques.

Maxwell, dans une œuvre magistrale où l’on puise, même à présent, des renseignements précieux, traduit mathématiquement les phénomènes électriques. Lenz étudie la dynamique du fluide électrique, et bientôt, les découvertes se succèdent avec une rapidité inouïe. Edison nous donne la lampe électrique pratique. Hertz découvre les lois de la propagation des ondes électriques qu’on assimile alors à celles de la lumière (vibration électro-magnétique).

Marconi reprend ses travaux et perfectionne le télé-

graphe. Branly, avec le cohéreur, lance la téléphonie sans fil. De Forest invente la lampe à trois électrodes. Gramme transforme l’énergie mécanique en énergie électrique. Desprez transporte cette énergie à distance et l’utilise dans son moteur. Dès lors, le phénomène entre dans la voie des réalisations pratiques. Avec une rapidité formidable, naissent la télémécanique, la télévision, des usines gigantesques débitent des quantités incroyables de cette énergie qu’Ampère étudiait, il y a cent ans à peine, avec les faibles moyens de son laboratoire.

Ainsi, dans l’espace d’une génération, l’électricité change la face du monde. Après une évolution lente mais continue, elle révolutionne l’univers en moins de cinquante ans. C’est un exemple frappant de la rapidité avec laquelle se propage une idée juste. Les premiers pas sont hésitants et incertains, mais sa progression devient inexorable quand elle atteint les gros chiffres. Lorsqu’une idée est juste, il n’est pas besoin de l’imposer, elle s’impose d’elle-même par la logique même. L’avènement de l’électricité en est la plus remarquable des preuves. Il convient d’insister sur le fait qu’il ne peut y avoir aucune manifestation d’énergie électrique, magnétisme ou autre qui se puisse produire sans que la matière en soit le siège. La matière est énergique et l’énergie matérielle c’est la substance. Ainsi parler d’énergie seule, c’est faire une abstraction au même titre que parler seulement de matière.

Ceci est tellement vrai, que c’est par le nombre de particules négatives (ions) entourant le noyau positif de l’atome (électron), que se distinguent les différents corps de la chimie, liant étroitement les propriétés électriques et chimiques des différents corps. De même les différentes énergies électriques, mécaniques, chimiques, etc. (qui ne sont que des manifestations diverses d’une même chose : l’activité atomique), se substituent les unes aux autres, suivant le processus infini du transformisme.

L’étude des phénomènes électriques comprend l’électricité statique (électrostatique), qui étudie l’électricité à l’état d’équilibre : condensateurs, influence, etc. ; l’électricité cinétique (électrocinétique), ou ensemble des lois qui règlent les mouvements de l’électricité : lois d’Ohm, Joule, Wirchoff ; l’électromagnétisme, qui établit l’analogie des circuits parcourus par des courants électriques avec les aimants ; l’électricité dynamique (électrodynamisme), étudiant les effets mécaniques provoqués par les courants : machines électriques.


ÉLECTRIFICATION n. f. Adaptation de l’électricité à une exploitation quelconque (chemins de fer, usines, fermes, etc). L’utilisation de la houille blanche a amené la construction sur place d’immenses usines qui produisent du courant électrique sous haute-tension afin de le faire parvenir à une distance quelquefois très éloignée. Là, des transformations modifient le courant, ils diminuent la tension, selon les besoins. L’électrification convient merveilleusement aux nations dont la production en charbon est très faible.

L’électricité qui est la dernière forme connue de l’énergie se transforme facilement en chaleur, travail mécanique, chimique et réciproquement.

Supposons une chute d’eau au fond d’une vallée étroite et profonde des Alpes, où l’on ne peut installer d’usines pour l’utiliser sur place. On recueillera le travail mécanique de la chute au moyen de turbines puis on transformera ce travail en électricité qu’on transportera ensuite dans une région industrielle plus ou moins éloignée. Ensuite, avec l’électricité, on produira le travail mécanique pour actionner des machines-outils, de la chaleur, de la lumière, des réac-