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tions chimiques pour les industries chimiques, de telle sorte que la puissance nécessaire à la vie industrielle de cette région sera fournie, avec de faibles pertes dans les transports et les transformations, par une chute qui peut être située à plus de 100 kilomètres.

Les applications de l’électricité ne se comptent plus, bien que la science électrique ne date que d’hier. Bientôt l’électricité fournie par les forces immenses que nous offre la nature : chute d’eau, vents, marées, actionnera tous les ateliers, fera rouler les trains de chemin de fer, éclairera les villes, les villages, le moindre hameau, chauffera nos appartements, etc.

ÉLECTROCUTION n. f. C’est une électrolyse. Six milliampères courant continu traversant le corps humain provoquent la contraction des muscles, ceux des poumons, du cœur, etc. Il s’ensuit l’asphyxie. C’est la peau qui oppose la plus forte résistance au passage du courant ; c’est pour cette raison qu’aux États-Unis, dans l’exécution des condamnés à mort, on emploie le casque, afin qu’une large partie de la peau entre en contact. Une solution de continuité de celle-ci, par exemple une écorchure, une coupure, suffit pour qu’une personne soit électrocutée avec une pile Leclanché.

L’électrocution comme mode de supplice n’a pas donné les résultats qu’on en attendait. Il est loin d’être rapide… On a constaté que les électrocutés ont des réflexes nerveux et que le coma dure très longtemps. Aussi, dernièrement, les journaux nous apprenaient que des expériences seraient tentées aux Etats-Unis sur des condamnés. Sacco et Vanzetti, nos deux chers camarades, en seront peut-être les premières victimes. La vie humaine, qu’importe ; cependant, de nombreuses protestations s’élèvent lorsque de pauvres cobayes sont employés pour la vivisection.

La foudre tue aussi les hommes et les animaux. Quant un nuage électrisé passe au-dessus du sol, il décompose par influence l’électricité neutre de tous les objets situés dans sa sphère d’activité, attire à leur surface l’électricité de nom contraire et repousse dans le sol l’électricité de même nom. Si la tension des deux électricités opposées du nuage et des corps terrestres n’est pas suffisante pour vaincre la résistance de l’air, et si le nuage s’éloigne, les corps terrestres repassent peu à peu à l’état naturel. Mais si la tension électrique entre le nuage et l’un de ces corps l’emporte sur la résistance de l’air, l’étincelle éclate et le corps est foudroyé directement. Voilà comment on expliquait, il y a plusieurs années, cette manifestation de l’électricité.

Aujourd’hui, d’après les hypothèses de Maxwell, on pense que ce sont les déplacements, les modifications de l’éther qui produisent ce phénomène. La condensation produirait l’électricité positive ; la raréfaction, l’électricité négative.

ÉLECTROLYSE n. f. Si une portion du conducteur parcouru par un courant est constituée par un corps composé à l’état liquide et conducteur, ce liquide est décomposé en ses éléments. C’est à ce phénomène que l’on donne le nom d’électrolyse. Le corps décomposé est l’électrolyte.

Tous les corps ne sont pas susceptibles d’être ainsi décomposés : seuls les acides, les sels et hydrates basiques semblent jouir de cette propriété. Mais les corps qui, à l’état liquide, ne sont pas décomposés, ne laissent pas passer le courant.

L’électrolyte doit être amenée à l’état liquide, soit par fusion, soit par dissolution.

Pour faire passer le courant au sein de l’électrolyte, on l’y amène, à l’aide de conducteurs appelés électrodes.


L’électrode positive se nomme anode, l’électrode négative se nomme cathode.

Le métal, si on électrolyse un sel, l’hydrogène, si on électrolyse un acide, se retrouvent à la cathode, c’est-à-dire qu’ils suivent le sens du courant ; le reste se porte sur l’anode.

On appelle ions les deux produits de la décomposition ; l’ion qui se porte sur la cathode est le cathion. L’ion qui se porte sur l’anode est l’anion. Ex. : chlorure de cuivre fondu. Le cathion est constitué par du cuivre métallique ; l’anion par du chlore.

La première électrolyse fut celle de l’eau, réalisée en 1800 par Carlisle et Nicholson.

Les lois qui président à l’électrolyse sont les suivantes : 1° Le poids des dépôts est proportionnel à l’intensité du courant et à la durée de l’électrolyse ; 2° Une même quantité d’électricité libère aux électrodes, dans le cas où les dépôts sont des corps simples, des poids de matières proportionnels au quotient du poids atomique de chaque corps simple par sa valence. (Le quotient s’appelle équivalent électrochimique).

On utilise l’électrolyse dans le raffinage des métaux. On s’en sert dans la fabrication de nombreux produits chimiques, à la purification des alcools. On l’emploie pour la cémentation, etc. En médecine, l’électrolyse sert à décomposer les tissus organiques. (Voir électrothérapie.)

ÉLECTROMAGNÉTISME n. m. Les phénomènes électriques sont intimement liés à d’autres phénomènes appelés phénomènes magnétiques produits par des aimants. On sait qu’il existe un minerai de fer, l’oxyde magnétique, dont certains échantillons ont la propriété d’attirer le fer ; on leur a donné le nom de pierres d’aimant.

Un aimant ou un barreau aimanté est un barreau d’acier auquel un traitement spécial a donné cette même propriété et par suite a créé dans l’acier une propriété particulière qui se manifeste en présence du fer. On donne le nom d’électro-magnétisme à la partie de la physique qui a pour objet l’étude des actions réciproques des courants sur les aimants et des aimants sur les courants.

C’est Œrsted, professeur de physique à Copenhague, qui fit le premier connaître, en 1820, l’action directrice des courants électriques sur l’aiguille aimantée. Voici sur quelle expérience fort simple repose cette importante découverte, qui a servi de point de départ à l’électromagnétisme. Concevons que l’on ait réuni les deux pôles d’une pile par un long fil métallique, et qu’on approche une portion rectiligne de ce fil, maintenue dans le méridien magnétique (Sud-Nord), au dessus ou au dessous d’une aiguille aimantée mobile sur un pivot vertical ; l’aiguille se déviera aussitôt de sa position d’équilibre, et tendra à prendre une direction perpendiculaire au courant, c’est-à-dire à se mettre en croix avec lui.

Le courant électrique fait donc naître un champ magnétique autour du fil dans lequel il circule. Ce champ magnétique est formé par des lignes de force et ce sont ces lignes de force qui obligent l’aiguille à se mettre en croix.

Si le fil conducteur a la direction Nord-Sud magnétique, les deux forces qui agissent sur l’aiguille aimantée, l’une due au champ terrestre et l’autre au champ du courant, tendront : la première à maintenir l’aiguille parallèlement au conducteur, et la seconde à la mettre en croix avec ce conducteur.

Sous cette double action, l’aiguille déviera d’autant plus que le courant sera plus intense. Voilà ce qu’a montré Œrsted. L’angle de déviation peut servir à mesurer l’intensité du courant.