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LUN
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sont les rayons infrarouges, c’est-à-dire en deçà du rouge dans le spectre solaire, et les l’avons ultraviolets c’est-à-dire au-delà du violet. Les premiers ont une grande action calorique, mais une action chimique négligeable ; les seconds, au contraire, provoquent de multiples actions chimiques mais ne déterminent pas d’élévation thermométrique sensible. Maxwell, dont les vues théoriques, furent confirmées par les expériences d’Hertz, a fait rentrer la lumière dans la série des ondes électromagnétiques. On sait que les ondes lumineuses vont d’une fréquence de 400 billions par seconde et d’une longueur d’onde de 0,75 micron, dans le rouge, à une fréquence de 800 billions et à une longueur d’onde de 0,35 micron, dans le violet. Elles constituent la partie perceptible par l’œil de la gomme électromagnétique, qui se continue, d’un côté, par l’infrarouge et les ondes hertziennes, pouvant atteindre des kilomètres d’amplitude, et, d’un autre côté, par l’ultra-violet, suivi d’ondes de plus en plus courtes mais de plus en plus rapides, puisque ces deux éléments sont toujours inversement proportionnels. Les ondes des rayons X et Y sont les plus courtes que nous connaissions à l’heure actuelle. Toutes les ondes électromagnétiques comportent d’ailleurs un spectre, se réfractent et se dispersent ; comme la lumière, elles résultent de sources vibrantes, les électrons, dont les effets sont comparables à ceux du diapason dans le monde sonore. Par l’étude des séries de lignes qui suivent au-delà de l’ultraviolet on arrive à connaître la structure de l’atome ; optique, électromagnétisme, étude des rayons cathodiques et de la radioactivité aboutissent, pris séparément, aux formules mathématiques de la thèse ondulatoire.

Descartes croyait à la propagation instantanée de la lumière ; mais Rœmer en 1676 reconnut l’erreur à la suite d’observations sur les satellites de Jupiter. Fizeau avec la méthode de la roue dentée. Foucault avec celle du miroir tournant ont permis de préciser la vitesse de cette propagation ; elle est de 300.000 kilomètres par seconde environ, Ce problème a conduit Einstein à transformer les anciennes conceptions de l’espace et du temps. Vitesse limite, celle de la lumière ne pourrait être dépassée, ni même atteinte par aucun corps matériel. D’après la relativité, la durée du battement d’une horloge, animée d’une vitesse égale à celle de la lumière, serait infinie parce qu’elle serait proportionnelle à cette vitesse. En fait, on constate que les particules émises par les corps radioactifs n’atteignent jamais la vitesse de la lumière bien qu’elles en approchent beaucoup. En astronomie, les distances sont si énormes qu’on les calcule souvent en années-lumière : l’année-lumière représentant la distance franchie par la lumière au cours d’une année. Ainsi, Centaure, l’une des étoiles les plus proches, est à 4, 3 années-lumière ; la plupart ont une distance au moins égale à 100 années-lumière ; il en est dont les années-lumière se comptent par centaines ou par milliers.

On a beaucoup étudié ces derniers temps, l’action chimique des radiations ultraviolettes et suivantes. Action variable avec les longueurs d’onde ; c’est ainsi que l’ozone, généré de l’oxygène sous telle longueur d’onde, sera détruit sous telle autre. Certaines radiations sont destructives de la matière vivante ; elles tuent promptement champignons, microbes et spores, d’où l’action bienfaisante de la lumière solaire. Les rayons ultraviolets peuvent déterminer des conjonctivites très douloureuses et les rayons X ont causé trop de victimes pour qu’il soit nécessaire d’insister. Phénomènes de fluorescence, de résonance optique et d’ionisation dans certains gaz, sont actuellement l’objet de nombreuses recherches. Grumbach a découvert récemment que ces radiations modifiaient la tension superficielle des liquides fluorescents. A Luxeuil, grâce à M. Royet, qui poursuit des expériences approfondies sur ce sujet, j’ai pu


apprécier la valeur de ce nouveau domaine ouvert aux physiciens. Ce dernier a montré que les liquides les plus sensibles présentent une fluorescence marquée et que la tension superficielle était d’autant plus modifiée que la longueur d’onde des radiations employées était plus courte, ouvrant ainsi la voie à des recherches nouvelles sur les rayons X. L’optique n’est certes pas la partie la moins avancée de la physique ; mais beaucoup reste à faire, car la science ne prétend pas nous donner, du premier coup, des vérités définitives ; plus modeste que le dogme, parce que moins imaginaire, elle est heureuse dès qu’une découverte lui permet d’abandonner de vieilles erreurs et d’avancer d’un pas dans la connaissance de l’univers. — L. B.


LUNE n. f. (latin luna). La lune qui réfléchit la 618.000e partie de la lumière solaire n’est qu’à 384.436 kilomètres, distance franchie par le rayon lumineux en une seconde un quart. Elle marche à raison de 1 kil. 17 mètres par seconde sur son orbite longue de 2.400.000 kilomètres et tourne autour de la terre en 27 jours 7 heures 43’11 » en lui montrant toujours la même face, la force centripète tendant à l’emporter sur la centrifuge à la petite distance qui nous sépare d’elle. Mais comme, pendant l’accomplissement de sa révolution sidérale, la terre a continué son mouvement de translation autour du soleil, la lunaison, intervalle entre deux nouvelles lunes, se trouve être de 29 jours 12 heures 44’3 ».

Le volume de la lune est 49 fois plus petit et son poids 81 fois plus léger et se calcule par la part qui lui revient dans l’action qu’elle exerce avec le soleil sur les marées qui lèvent l’eau de l’Océan deux fois par jour. Le diamètre de la lune vaut moins que le quart de celui de la terre et sa surface qui est à peine la 14e partie de celle de la terre est de 38 millions de kilomètres carrés. Mais comme l’astre qui éclaire nos nuits nous montre constamment le même côté, nous ne connaissons que 21.833.000 kilomètres carrés de sa superficie totale.

Les phases de la lune sont déterminées par sa position relativement au soleil. Lorsqu’elle passe entre lui et nous, nous ne la voyons pas, parce que son hémisphère non éclairé est tourné vers la terre : c’est la nouvelle lune. Lorsqu’elle forme un angle droit avec le soleil, nous voyons la moitié de son hémisphère éclairé ; c’est le premier ou le dernier quartier et lorsqu’elle est à l’opposé du soleil, c’est la pleine lune et nous voyons toute sa surface éclairée.

La superficie de l’hémisphère de notre satellite que nous voyons au moment d’une pleine lune est constituée aux trois-quarts par des montagnes et pour l’autre quart par des plaines, anciennes mers desséchées.

Parmi les montagnes les plus rayonnantes nous citons Tycho, Copernic, Kepler, Aristarque et parmi les sommets les plus élevés ce sont les monts Leibniz et Dœrfel qui atteignent 7.600 mètres. Pour établir ici une comparaison entre ces altitudes et celles des plus hautes montagnes de la terre, ces dernières doivent être mesurées, non du niveau de la mer, mais des plus grands creux de l’Océan ce qui, au lieu de 8.800 mètres donnerait environ 18.000 pour les plus hautes cimes de l’Himalaya.

A toutes ces curiosités la topographie lunaire s’ajoute un phénomène bien extraordinaire dans ces régions polaires, où les sommets des montagnes restent perpétuellement éclairés par le soleil. Ce caractère physique, surprenant, s’explique par ce fait que, par suite de la position de la lune dans l’espace, le soleil ne descend jamais que de 10, 5° au-dessous de l’horizon de l’un ou l’autre pôle lunaire et qu’en raison de la petitesse de la lune une élévation de 600 mètres suffit pour voir au-