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1969



PARALLÈLE adj. et subst. m. ou f. (du préf. para, à côté, et d’allélos, l’un l’autre).

Géométrie : On appelle droites « parallèles » des droites situées dans un même plan et qui ne peuvent se rencontrer, à quelque distance qu’on les prolonge. De même, on nomme plans « parallèles » deux plans également distants l’un de l’autre dans toute leur étendue.

Géographie : Il a été dit déjà (voir Latitude, Longitude) que pour indiquer la situation d’un point à la surface de la terre, on a imaginé différents cercles sur le globe. L’un d’eux, l’équateur, fait le tour de la terre à égale distance des deux pôles. D’autres, qui lui sont perpendiculaires, coupent la sphère terrestre en deux parties, en passant par les pôles, ce sont les méridiens (voir ce mot). Nous appellerons cercles parallèles tout cercle qui sera déterminé par un plan parallèle à l’équateur et perpendiculaire à l’axe de la terre. Comme pour les méridiens, nous pouvons mener une infinité de parallèles à la terre ; par chaque point du globe, on peut mener un parallèle et un méridien déterminés. Seulement, pour obtenir plus de précision, on a imaginé de diviser un méridien à partir de l’équateur et de part et d’autre de celui-ci en 90 parties égales ou degrés, numérotés 0 à l’équateur et 90 aux pôles. Si, par chacun des points de division, nous faisons passer un cercle perpendiculaire à la ligne des pôles, ce cercle déterminera un parallèle affecté du même numéro que le point de division correspondant du méridien. Comme l’intervalle entre deux parallèles ainsi établis serait trop large pour fixer avec précision la position d’un point, on a à nouveau divisé ces intervalles en minutes et ces minutes en secondes. Les principaux parallèles sont les cercles polaires arctique et antarctique situés tous deux à 33° 27′ des pôles ; les deux tropiques, celui du Cancer au nord de l’Équateur et celui du Capricorne au sud ; tous deux sont distants de 23° 27′ de l’Équateur. Ces importants parallèles renferment et limitent les zones de température de la Terre. La zone torride est comprise entre les deux tropiques ; la zone tempérée nord entre le tropique du Cancer et le cercle polaire boréal, la zone tempérée Sud entre le tropique du Capricorne et le cercle polaire austral, enfin les zones glaciales sont situées entre les cercles polaires et les pôles.

Cosmographie — De même, pour obtenir la position précise d’un astre sur la voûte céleste, on a imaginé, en astronomie, des méridiens et des parallèles. Ces coordonnées célestes, qui portent le nom « d’ascension droite » et de « déclinaison », sont, comme les coordonnées terrestres, rapportées à la ligne des pôles et à l’équateur.

Nous appellerons « déclinaison » d’un astre quelconque, l’angle que fait le rayon visuel de l’observateur de l’étoile avec le plan de l’équateur. Et nous nommerons « ascension droite » l’angle que fait sur l’équateur le plan contenant l’étoile avec un point fixe, situé également sur l’équateur (point gamma). Ainsi donc, on a tracé idéalement sur la sphère céleste des cercles de latitude parallèles à l’équateur et des cercles de longitude passant par les pôles. Comme sur terre, les latitudes sont comptées à partir de l’équateur et nous obtenons alors la « déclinaison » d’un astre.

Ainsi que, sur terre, nous avons, pour déterminer la longitude d’un point, choisi un méridien initial considéré comme méridien origine, il a fallu choisir sur la voûte céleste un point unique bien déterminé pour tracer le méridien d’origine. La trajectoire apparente du soleil se confond dans l’espace avec la trace du plan suivant lequel la terre tourne autour de l’astre du jour. Comme par suite de l’inclinaison de notre globe, l’équateur céleste et le nôtre ne coïncident pas avec le plan de l’orbite, le soleil semble donc, dans sa marche


annuelle, se déplacer selon un cercle orienté obliquement par rapport à la rotation quotidienne du ciel qui s’effectue parallèlement à l’équateur. Aux équinoxes seulement, le soleil est juste à l’intersection des deux plans qui se coupent dans l’espace (point vernal). Par le point d’intersection où le soleil se trouve à l’équinoxe du printemps (point gamma), passe le méridien initial à partir duquel, dans le sens du mouvement diurne, sont comptés les autres méridiens en se servant non plus de degrés de longitude, mais d’heures d’ascension droite. L’écart entre le méridien se mesure en astronomie, non pas par degrés, mais par le temps qui le sépare et qu’on détermine à l’aide d’une horloge sidérale réglée de telle façon que les aiguilles effectuent le tour complet du cadran exactement dans le temps que la terre effectue une rotation complète. Ces heures sidérales ont chacune une valeur angulaire de 15 degrés, chaque minute vaut 15 minutes d’arc, et chaque seconde 15 secondes d’arc.

La position apparente d’une étoile est déterminée en ascension droite (longitude) par l’écart du temps qui la sépare du méridien initial et sa déclinaison ou latitude par sa distance angulaire au nord ou au sud de l’équateur. Ces mesures se prennent à l’aide de la lunette méridienne, lunette invariablement orientée suivant le plan vertical du méridien et ne pouvant pointer qu’en hauteur. On y enregistre les passages successifs des astres (détermination de l’ascension droite) ; des cercles gradués dont elle est munie, indiquent d’une façon précise l’inclinaison du pointage (déclinaison). Ajoutons, pour être complet, que ces coordonnées célestes ne sont pas invariables, le mouvement de rotation de la terre ne conserve pas une direction immuable dans l’espace.

Littérature : Parallèle, tout écrit ou discours mettant en évidence les dissemblances ou ressemblances existant entre deux personnes, deux êtres ou deux choses s’appelle aussi parallèle. — Ch. Alexandre.


PARLEMENT, PARLEMENTARISME, PARLEMENTAIRE. Dans l’ancienne France, les parlements étaient des tribunaux. Ils jouèrent un rôle politique important, sans parvenir à mettre un frein à l’absolutisme royal. Ce qui les concerne regarde surtout la justice, aussi n’en parlerons-nous pas dans cet article. Au sens actuel, les parlements sont des assemblées politiques qui détiennent le pouvoir de faire les lois ; celui de France et d’Angleterre comprend deux Chambres ; il n’en comprend qu’une dans certains pays. Quant au parlementarisme, c’est un système de gouvernement qui implique la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif, et contraint les ministres à démissionner lorsqu’ils n’ont plus la confiance des sénateurs ou députés. De nombreuses monarchies sont parlementaires ; plusieurs républiques ne le sont pas. Aux États-Unis, par exemple, les ministres dépendent du seul président de la république ; députés et sénateurs ne peuvent rien contre eux. Le titre de parlementaire ou de membre du parlement, très respecté chez nous autrefois, n’en impose plus à personne : maints hôtes du Luxembourg et du Palais Bourbon sont trop manifestement de crapuleux malfaiteurs. Dès le moyen âge, l’Angleterre posséda un parlement politique ; c’est chez elle que prit naissance le régime parlementaire. Avant de donner un successeur à Jacques II, chassé par ses sujets, le parlement britannique rédigea, en février 1689, une Déclaration des Droits qui limitait le pouvoir royal et précisait ses propres prérogatives. Guillaume III et sa femme Marie ne furent proclamés roi et reine qu’après avoir promis de la respecter. Ils tinrent parole et, sans y être obligés, choisirent quelquefois leurs ministres dans la majorité du Parlement. La reine Anne, qui succéda à Guillaume III, suivit cet exemple. À sa mort, en 1714, un