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marque le commencement de leur déclin, précédant leur dissolution dans le substratum incréé de l’Univers, d’où, phénix éternels, ils ressuscitent de la poussière cosmique sous des formes analogues mais rajeunies, pour parcourir un nouveau cycle de vie stellaire.

De ces six phases ou périodes d’évolution, les cinq premières, qui constituent la vie stellaire ascendante, peuvent être subdivisées.

Premièrement, en période de l’état gazeux incandescent.

Cet état est caractérisé par une nébulosité diffuse ne présentant aucun indice apparent de condensation et brillant d’une lueur uniforme bleuâtre qui va en s’éclaircissant légèrement vers les bords. Henchel désignait ces nébuleuses, qui donnent un spectre formé de raies brillantes et qui ne peuvent pas être résolues en étoiles, du nom de brouillard planétaire et voyait en elles des condensations de l’éther qui servent de matière première à la formation des mondes.

Deuxièmement, la période de la formation d’un noyau lumineux au milieu de la nébuleuse de plus en plus incandescente et de forme à peu près sphérique. Cette phase peut aussi être désignée par l’expression : nébuleuse stellaire.

Après une évolution qui compte des milliers de siècles et pendant laquelle la nébuleuse stellaire, devenue étoile, a brillé, tel Sirius ou Véga, d’un très vif éclat, elle a donné naissance à la troisième période, qui est celle de la formation de « taches », c’est-à-dire d’un premier commencement de refroidissement de la surface de l’astre.

La quatrième période est celle des éruptions. Elle correspond à l’état d’un astre couvert d’une écorce obscure et refroidie, mais encore trop ténue pour opposer un obstacle aux éruptions que détermine la partie centrale du globe demeurée à l’état de fusion, éruptions d’une telle violence que le soleil, déjà prêt à s’éteindre, se transforme, de temps en temps, en brasier ardent.

La cinquième période marque enfin le refroidissement complet de l’écorce extérieure de l’astre, la transformation d’une étoile en planète.

Au début de cette cinquième période, au milieu de laquelle se trouve aujourd’hui notre Terre, la mer la recouvrait probablement tout entière, et ce n’est que peu à peu que l’Himalaya, les Andes et les Alpes ont dû émerger des flots tièdes de l’Océan primordial.

Nous trouvons actuellement, dans le ciel, des astres qui représentent les cinq phases que nous venons de mentionner.

Ainsi, nous constatons la présence, dans la constellation de l’Orion, des Chiens de chasse et de la Lyre, des mondes en formation, à l’état purement gazeux.

Les représentants de la seconde phase d’évolution se voient dans toutes les régions du ciel.

Notre Soleil, Capella, Arcturus, Procyon, etc., etc., appartiennent à la troisième. La plupart des étoiles de cette période se font remarquer par l’altération que subit l’intensité de leur lumière.

Les représentants de la quatrième période, de la période des éruptions violentes qui brisent la surface déjà refroidie et sombre de l’astre, se rencontrent parmi les étoiles dites nouvelles. Depuis 2.000 ans, on a enregistré plus d’une trentaine d’apparitions de ce genre parmi lesquelles celle de 1572 était si brillante qu’elle était visible en plein jour.

Notre Terre certainement et toutes les planètes habitées, ses sœurs, appartiennent à la cinquième phase de leur évolution, phase qui est incontestablement à l’apogée d’une vie stellaire.

Notre nébuleuse solaire a donc dû aussi présenter à ses origines l’aspect d’un noyau lumineux enveloppé à une grande distance d’une sorte d’atmosphère gazeuse, de forme à peu près sphérique, et dont le diamètre a dû dépasser 30 milliards de kilomètres.


Les planètes, en commençant par les plus éloignées et en finissant par Mercure, se sont dégagées sous forme d’anneaux incandescents des entrailles équatoriales du Soleil, car le mouvement de rotation étant plus fort à l’équateur, la force centrifuge était naturellement prépondérante. Les anneaux se divisèrent et les débris les plus considérables, attirant et s’agrégeant les autres, formèrent de nouveaux centres ou noyaux nébuleux.

Chacun de ces noyaux a dû être animé de deux mouvements simultanés, l’un de rotation autour de son propre centre, l’autre de translation autour du centre commun, le noyau solaire. De plus, comme ces deux mouvements n’étaient que la continuation du mouvement antérieur général, le sens resta le même que celui de la rotation de tout le système ou du noyau solaire.

De la même façon, les planètes, encore à l’état d’incandescence, donnèrent naissance à de nouveaux corps, — les satellites ou lunes, — gravitant et tournant autour d’elles.

Il y a, s’il nous est permis de nous exprimer ainsi dans l’intérêt de la clarté, entre Soleil, planète et lune, en quelque sorte les mêmes rapports qu’entre mère, fille et petite-fille. Comme le Soleil, leur commun ancêtre, chaque planète et chaque lune ont commencé leur existence autonome à l’état de noyau nébuleux et, comme ces dernières également, le soleil et les étoiles, qui sont des soleils lointains, sont. tous appelés, à leur tour, à devenir des corps solides, des terres analogues à la planète que nous habitons ou à la lune qui éclaire nos nuits de la lumière réfléchie de l’astre du jour.

Le Soleil. — Actuellement, notre Soleil, l’astre du jour auquel nous devons la vie, occupe presque le centre de notre République planétaire. Son diamètre égale environ 109 fois, sa superficie 12.000, son volume 1.300.000 et son poids 324.439 fois celle de la Terre.

La définition usuelle du Soleil, corps gazeux incandescent à forme sphérique, est loin d’être rigoureusement exacte.

Le Soleil, dont la surface est à la température d’environ 6.000 degrés, n’est en réalité ni solide, ni liquide, ni gazeux dans le sens que nous attribuons généralement à ces mots, car les gaz qui composent son globe sont condensés dans une condition de physique absolument inconnue pour nous, leur poids n’est, en moyenne, à volume égal, que quatre fois moins lourd que les substances terrestres et la pesanteur est à la surface solaire 27 1/2 fois plus forte qu’à la surface de notre planète.

L’astre du jour tourne, de l’Ouest à l’Est, autour de son axe, en 25 jours 4 heures (la rotation des taches s’effectue entre le 45° et 50° parallèle boréal et austral en 28 jours) en entraînant avec lui, à raison d’une vitesse de 20 kilomètres par seconde tout notre système planétaire, composé de quatre planètes de moyenne grandeur, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, un millier de petites planètes situées entre les orbites de Mars et Jupiter, quatre grandes planètes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune et Pluton, dont les proportions ne sont pas encore suffisamment déterminées, ainsi qu’une quantité de comètes dans la direction de l’amas stellaire qui est situé dans la constellation d’Hercule.

Si nous quittons, par la pensée, l’astre du jour, qui se trouve presque au centre de notre système solaire, pour aller à la périphérie, la première planète, Vulcain, n’ayant jamais été découverte, est Mercure.

Mercure. — La planète Mercure marche avec une vitesse de 46 kilomètres 811 mètres par seconde et met 87 jours, 23 heures, 15 minutes et 46 secondes pour parcourir son orbite de 356 millions de kilomètres, qui se trouve à une distance de 58 millions de kilomètres du Soleil. L’année mercurienne est par conséquent d’environ 88 jours terrestres et comme cette planète, pareille à la Lune relativement à la Terre, tourne toujours le même côté contre l’astre radieux, elle ne compte qu’un jour dans son année. Le diamètre de Mercure est de