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Dans des lampes disposées en cascades ou étages, ces effets peuvent être multipliés.

La liaison entre les différents étages, c’est-à-dire entre les circuits de chaque lampe a lieu soit par transformateur, par capacité ou par résistance. La combinaison de ces différents montages permet la construction d’un grand nombre de récepteurs, mais qui dérivent tous du même principe.

Fonctionnement en oscillatrice. — Par un réglage convenable de la capacité et de la self du circuit de la grille, couplé avec le circuit de plaque, on peut faire naître dans le premier un courant alternatif entretenu. La lampe oscille. Cette propriété est utilisée en émission pour avoir des vibrations électriques non amorties. La durée constante des oscillations est une caractéristique de l’émission. Elle permet de calculer la longueur d’onde en divisant trois cent mille kilomètres à la seconde par le nombre de vibrations dans cette unité de temps. Dans les postes récepteurs, on utilise aussi cette fonction, soit dans la réaction, soit dans les postes à changement de fréquence où la lampe qui oscille joue exactement le rôle d’un petit émetteur local.

Émission. — La télégraphie sans fil peut se faire de trois façons qui se différencient d’après la nature de l’onde émise.

Par ondes amorties ; dans ce cas, l’émetteur envoie dans l’espace un certain nombre de trains d’ondes amorties.

Par ondes entretenues pures, et enfin par entretenues modulées.

L’émission par ondes amorties est effectuée à l’aide de la décharge oscillante d’un condensateur. Ce condensateur étant périodiquement chargé par un alternateur (modèle à éclateur tournant). Dans ce système, le nombre de décharges à la seconde, qui est égal à la fréquence de l’alternateur, donne la note musicale de l’émission. La longueur d’onde n’a rien à voir avec cette fréquence, elle est seulement fonction des caractéristiques en haute fréquence des circuits, c’est-à-dire de leur self-induction et de leur capacité. Entre l’alternateur et le condensateur on place un transformateur dont le rôle est d’élever la tension, afin d’avoir le voltage le plus grand aux bornes du condensateur. La manipulation se fait sur le circuit primaire de ce transformateur. Ce genre de télégraphie est pratiqué en campagne par les armées, ou les explorateurs, à cause de sa rusticité et de son faible encombrement, mais son rendement en portée n’est pas très grand ; c’est tout juste si l’on arrive à communiquer à cent kilomètres. Les premiers postes d’aviation étaient de ce type là.

L’émission en entretenue pure se fait à l’aide de postes à lampes. C’est en faisant osciller une lampe, comme nous l’avons vu précédemment, que l’on arrive à avoir une émission. Ici, l’onde obtenue est rigoureusement alternative, c’est-à-dire que, pour chaque période, l’alternance positive est égale à la négative. Par un manipulateur, on interrompt ou on rétablit cette émission à la cadence du Morse. Dans ce système, nous allons voir que les récepteurs ordinaires, comme ceux qui pouvaient capter les amorties, seraient inutilisables. En effet, après détection, on obtiendrait pour un point, un court courant continu, et pour un trait un courant continu plus long. Mais le courant continu n’a aucune action sur l’écouteur téléphonique ; tout juste à l’interruption et à la reprise du courant pourrait-on entendre un toc provenant du collage ou du décollage de la plaque d’écouteur d’après l’électro-aimant. Il existe heureusement deux moyens pour faire vibrer la plaque de l’écouteur dans ces conditions. C’est le Tikkers et l’Hétérodyne.

Le tikkers est analogue au système d’une sonnerie fonctionnant sur courant continu. On arrive, par un artifice de plaque vibrante et d’électro-aimant, à couper et à rétablir le courant. Celui qui écoute la communica-


tion, par un réglage de l’élasticité de la lamelle vibrante (vis pointeau) arrive à modifier le son de son écouteur.

L’hétérodyne n’est pas autre chose qu’un petit émetteur local dont les ondes propres viennent s’ajouter à l’onde reçue. Lorsque les deux longueurs d’onde sont voisines, on entend des battements, phénomène connu de la physique vibratoire, et ce sont ces battements, coupés ou rétablis à la cadence morse que l’on entend dans l’écouteur. Remarquons que, par un réglage de la self ou de la capacité du circuit de la lampe hétérodyne, on change sa longueur d’onde et, par conséquent, la fréquence des battements. D’où réglage de la note à la réception.

Dans l’émission en entretenue modulée, c’est au poste émetteur lui-même que l’on ajoute l’onde de l’hétérodyne. A ce moment, n’importe quel poste récepteur peut l’écouter. C’est ce dernier système qui est le plus fréquemment employé. L’écouteur ne peut pas modifier la note de la transmission, qui ne dépend que des caractéristiques de l’émission.

Disons quelques mots sur la propagation des ondes entre deux points de la surface terrestre. Considérons sur le globe terrestre un point de sa surface où nous supposons placé le poste émetteur. Soit B le poste récepteur. Les ondes ne se propagent pas en ligne droite en pénétrant dans l’écorce terrestre. Elles glissent le long de la surface de la terre dans la direction du grand cercle allant de A à B. Cette hypothèse du glissement à la surface de la terre a du être admise dès le début de l’utilisation pratique des ondes électromagnétiques en T. S. F., car il est impossible de se rendre compte des réceptions à grande distance par propagation directe à travers la terre, par suite de l’absorption énorme que subiraient ainsi les ondulations.

La propagation par glissement superficiel, onde de surface, convient pour expliquer les portées effectuées à l’aide d’ondes longues. Mais les ondes courtes de 10 à 100 mètres sont de plus en plus fréquemment utilisées par les stations commerciales.

On a admis une réflexion sur une surface conductrice située dans la haute atmosphère, à quatre vingt kilomètres environ, et appelée couche de Heaviside-Kennelly des noms de ses deux théoriciens. Cette couche conductrice serait due à une ionisation de l’air raréfié, ionisation produite par les rayons émis du soleil.

Elle varierait en hauteur suivant les heures du jour et les saisons. La propagation des ondes courtes d’une station à une autre très éloignée pourrait donc se produire suivant un chemin brisé, donné par deux réflexions successives sur la couche ionisée. La station émettrice serait entendue très loin, et pas du tout dans son voisinage. C’est l’effet de rebondissement ou « skip effect » des Américains.

Au voisinage de l’émission, les ondes de surface interviennent seules dans la propagation et la proximité de la terre les arrête, les freine rapidement. Cette circonstance peut expliquer les réceptions faibles ou nulles en France de stations nationales sur ondes de 35 mètres, par exemple, et qui au même moment sont entendues avec beaucoup d’intensité au Brésil ou en Indo-Chine. Des zones de silence peuvent d’ailleurs résulter de l’interférence des ondes de surface et des ondes provenant de la couche de Heaviside. Il y a, d’ailleurs, une longueur d’onde optimum pour réaliser une liaison donnée et qui dépend de l’heure, de l’époque de l’année, des conditions barométriques, etc…

On observe très nettement sur les ondes inférieures à 600 mètres, moins nettement sur les grandes ondes, le phénomène du « fading » ou évanouissement. Ce phénomène se traduit à la réception par des variations considérables d’intensité d’audition, variation allant jusqu’à la disparition complète pendant quelques dizaines de secondes.