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en grande partie aux études entreprises en T. S. F., permet d’avoir plusieurs communications sur la même ligne. Une façon de résoudre ce problème est l’emploi de la haute fréquence. Sur un même circuit, on peut faire passer plusieurs courants à haute fréquence, à fréquence différente. Chacun de ces courants étant modulé par la parole, un même circuit peut transmettre plusieurs conversations. Il suffit, à l’arrivée, de faire une sélection, comme en T. S. F. on arrive à sélectionner des stations à longueurs d’ondes différentes. Ces installations sont peu encombrantes, et facilement amovibles et on peut, ainsi, envisager leur emploi lorsqu’il y a lieu, en un point quelconque, de parer à un afflux de trafic momentané, comme cela se produit au moment des foires ou de la saison, dans les stations balnéaires. D’autre part, le fait de l’emploi de fréquences élevées rend la captation de ces communications extrêmement difficile et l’emploi de ce système garantit, d’une façon à peu près absolue, le secret des communications.

Voyons maintenant comment on coordonne un ensemble de lignes, pour former un réseau. Le problème ne présente aucune difficulté spéciale lorsqu’il y a peu de lignes ; on imagine alors aisément les solutions à envisager. C’est le cas, par exemple, des communes comprenant quelques abonnés ; ceux-ci sont desservis par des lignes entièrement aériennes, allant directement, par le chemin le plus court, du bureau téléphonique chez l’abonné. Les conducteurs de cuivre ou de bronze sont placés sur des solateurs fixés eux-mêmes, le plus souvent, par des consoles, à des potelets scellés dans les murs des maisons.

Lorsque le nombre de lignes augmente, il y a intérêt, lorsqu’on construit la ligne, à ne pas se borner à tirer des lignes droites, pour réduire la longueur des fils, mais à les grouper ensemble de façon à former des nappes de fils plus importantes, supportées par les mêmes potelets ou poteaux.

Lorsque les réseaux atteignent cinquante abonnés et plus, on est conduit à réaliser des réseaux dits aéro-souterrains. Les lignes des abonnés partent du central, dans des câbles sous plomb ; ceux-ci vont ensuite se ramifier en des câbles de moindre importance, pour finir en câbles de sept et vingt-huit paires qui aboutissent à des points de concentration d’où partent des lignes aériennes. C’est sur ce principe que sont constitués la quasi-totalité des réseaux urbains en France ; il n’y a guère que Paris et Lyon qui ne comprennent que des lignes entièrement souterraines.

L’étude du téléphone automatique date de 1880. Déjà en 1900, des villes américaines étaient entièrement équipées en automatique. En Europe, les premiers de ces postes furent installés en Allemagne. Quel que soit le système employé, la manœuvre à exécuter par l’abonné, ainsi que son poste sont les mêmes. Le poste de l’abonné est un poste à batterie centrale, simplement complété par un interrupteur normalement au repos, placé en série sur la ligne, et actionné par un cadran. Ce cadran est formé d’une partie fixe comportant un disque sur lequel sont figurés des numéros devant 1esquels peut se déplacer un disque percé de trous. On enfonce le doigt dans le trou correspondant au chiffre que l’on veut émettre et on fait tourner le cadran jusqu’à ce que le doigt rencontre une butée d’arrêt ; à ce moment on abandonne le disque mobile, celui-ci, en revenant au repos, entraîne une came isolante qui passe à travers des ressorts, au contact en position de repos. Ces ressorts sont placés en série sur la ligne de l’abonné. Chaque fois que la came passe entre eux, elle produit donc une rupture de circuit ; ces ruptures en nombre égal au chiffre composé, ont pour effet de matérialiser en quelque sorte le chiffre émis. Le rythme de ces ruptures de courant doit être déterminé avec précision : la cadence doit être de neuf à onze ruptures par secondes. Cette vitesse devant être indépendante de la personne


qui manipule le cadran, celui-ci n’est actif que pendant le retour au repos sous l’action d’un ressort, l’abonné ayant abandonné le ressort. Supposons que nous soyons dans une installation de cent abonnés et que l’on demande le poste 24. Si nous provoquons, au moyen du cadran d’abord, deux interruption, puis quatre, on conçoit qu’un mécanisme au central puisse en déduire que c’est le numéro 24 qui est demandé.

Indiquons comment ce mécanisme fonctionne dans les systèmes pas à pas. Dans le système de beaucoup le plus répandu, le système pas à pas ou Stromger et ses dérivés Siémens et Halske, Automatic Electric. Co, etc., voici comment agissent ces impulsions : la ligne du demandeur aboutit à un appareil mécanique appelé connecteur, constitué par un arbre portant deux frotteurs reliés aux fils de la ligne du demandeur, et susceptible de se déplacer devant une série de 100 double contacts disposés en 10 rangées horizontales de 10 superposées. L’arbre peut prendre un mouvement d’ascension, puis un mouvement de rotation. On conçoit que si l’on fait monter l’arbre de deux rangées, puis si on l’amène dans cette rangée au quatrième contact, le frotteur relie les contacts de la ligne appelante à ceux de la ligne appelée. Il faudra donc que les deux premières impulsions émises agissent sur un organe faisant monter le connecteur, et les quatre autres sur un organe le faisant tourner. Ces organes sont des électro-aimants dont l’armature porte un cliquet qui agit sur un pignon denté. On distingue deux électros, celui d’ascension et celui de rotation.

Avec le téléphone automatique, on arrive, en Suisse, à communiquer avec un correspondant se trouvant à cinquante kilomètres. Dans le programme des téléphones français, on compte transformer tous les postes manuels en automatiques. Dans l’exploitation du service public des téléphones, un appareil qui se complique de plus en plus avec l’automatique, c’est le compteur taxeur de communications. Car, dans le prix que l’on fait payer à l’abonné, intervient à la fois la durée des communications, leur nombre et la distance à laquelle on téléphone.

Dans la vie moderne, on peut dire que les réseaux téléphoniques jouent un rôle de premier plan. C’est principalement dans le monde des affaires, des trafiquants et des agioteurs que ces appareils sont le plus utilisés.

Une particularité des communications téléphoniques, qu’on ne doit pas ignorer, c’est que le secret des communications n’existe pas. Il y a même, dépendant de la police parisienne, un système de tables d’écoute très perfectionnées où certains numéros particulièrement repérés sont l’objet d’une surveillance attentive. — Alexandre Laurant.


TÉLÉPHONIE SANS FIL ou RADIOPHONIE. Le problème de la radiophonie, c’est celui de la transmission du son par les ondes électro-magnétiques. Pour radio-téléphoner, il est nécessaire de disposer d’une onde entretenue pure que l’on module à la fréquence de la voix ou de la musique. Pour ce faire, on dispose d’un microphone devant lequel on produit les sons à transmettre. Le courant de sortie du microphone est, après amplification éventuelle, amené à agir sur un certain point du système producteur de l’onde porteuse par l’intermédiaire de ce qu’on appelle le dispositif de modulation : le courant d’antenne, et par suite l’onde porteuse, sont modulés à la fréquence du son à transmettre. Une étude mathématique de l’onde modulée par le son, indique qu’une émission radiotéléphonique occupe toujours une bande totale de 10.000 périodes par seconde, que l’on appelle bande de modulation. Cet « encombrement » constant en fréquence varie en longueur d’onde suivant celle de l’onde porteuse. Pour une onde porteuse de 20.000 mètres, la bande de longueur d’onde encombrée