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ira de 15.000 à 30.000 mètres, soit un encombrement très important de 15.000 mètres. Si, au contraire, l’onde porteuse est de 300 mètres, la région occupée par l’émission radiophonique s’étendra de 298 m. 5 à 301 m. 5, soit un encombrement très réduit de 3 mètres. Il en résulte que, plus on descend en longueur d’onde, plus on pourra augmenter le nombre de stations dans une bande donnée. De 200 à 600 mètres par exemple, on peut faire travailler simultanément, sans gêne réciproque, cent stations radiotéléphoniques. Tandis que de 600 à 1.000 mètres, il n’y a plus place que pour vingt stations. Enfin, dernier inconvénient des grandes ondes : pour recevoir une station radiophonique travaillant sur 20.000 mètres, il faudrait se trouver dans les mêmes conditions de sensibilité que pour la bande allant de 15.000 à 30.000 mètres ; ce qui correspondrait à un récepteur de sélectivité et, par suite, de sensibilité lamentable. On ne peut donc concevoir dans le spectre des fréquences, l’existence sans brouillage, de stations situées à moins de 10.000 périodes les unes des autres. Outre le chevauchement des bandes de modulation, il importe d’ailleurs d’éviter que les ondes porteuses de deux stations voisines en longueur d’onde ne s’hétérodynent audiblement, c’est-à-dire ne produisent des battements à fréquence acoustique. Ce phénomène de l’hétérodynage audible des ondes porteuses s’est observé fréquemment au cours de ces dernières années, au fur et à mesure que les stations de radiodiffusion augmentaient, La conférence internationale de Madrid a fait un partage des longueurs d’ondes entre les postes des différents États, ce qui a commencé à mettre un certain ordre dans l’éther, milieu théorique de propagation des ondes.


Émission. — Avant de songer à moduler une émission, il faut que cette émission corresponde à une onde entretenue rigoureusement pure. Une pareille condition n’est obtenue que si la tension appliquée à la plaque de la lampe oscillante est rigoureusement continue. On obtient ce résultat soit par des batteries d’accumulateurs, soit par des dynamos entraînées par moteurs électriques ou autres, soit enfin par courant alternatif, préalablement redressé et filtré. Il existe trois procédés principaux de modulation.

a) Modulation par absorption. — Autour d’une bobine de l’antenne d’émission, on entoure une ou deux spires de gros fil isolé que l’on ferme sur un microphone du type « solid back ». Le courant d’antenne induit un courant de haute fréquence dans ces spires. Ce courant est modulé par les variations de résistance du microphone. De l’action secondaire des spires sur la bobine résulte la modulation du courant d’antenne.

b) Modulation par grille. — On intercale le secondaire d’un transformateur de modulation de rapport 50, dans le circuit grille de la lampe d’émission. Dans le primaire se trouve le microphone et une batterie de 4 à 6 volts. Le primaire est schunté par une capacité de 500 micromicrofarads. Ce transformateur est placé à la partie inférieure du circuit oscillant de grille, afin d’éviter les pertes qui se produiraient dans ce transformateur s’il était porté à un potentiel de haute fréquence élevé.

c) Modulation par « choc system ». — Une lampe oscillatrice et une modulatrice sont montées en parallèle sur un ensemble haute tension bobine à fer. Cette bobine dite « bobine de modulation » ou « self de parole » est destinée à empêcher les variations d’intensité à basse fréquence (courants acoustiques), produite dans le circuit-plaque par le microphone, de se répercuter dans la partie haute tension de l’alimentation commune aux deux lampes. Le courant qui traverse la bobine à fer est constant, d’où le nom donné quelquefois à ce système. L’espace filament plaque de l’oscillatrice, se trouve en définitive schunté par la résistance espace filament


plaque de la modulatrice, dont la valeur varie au rythme de la modulation. Comme le courant débité par la haute tension est constant, lorsque le courant plaque de la modulatrice augmente, celui de l’oscillatrice diminue et vice-versa : le courant plaque de l’oscillatrice suit donc fidèlement la modulation.


Réception. — Le problème de la réception en radiophonie est le même que celui de la réception en télégraphie sans fil. Le poste comprend principalement une amplification à haute fréquence, une détection, puis une amplification à basse fréquence. Les différents circuits d’accord de ces étages ne doivent pas être couplés d’une façon très pointue, c’est-à-dire doivent posséder un certain amortissement propre, pour être capable de recevoir, non seulement l’onde émise, mais toute la plage de la modulation qui, nous l’avons vu, occupe une bande de 10.000 périodes entourant la longueur d’onde de l’émission porteuse. Par conséquent, les réceptions de radiophonie sont toujours moins sélectives que celles de télégraphie sans fil, leur portée est aussi en général moins élevée.

Dans les récepteurs modernes, la source d’énergie n’est plus la batterie d’accumulateurs ou les piles. Les postes sont directement branchés sur le secteur qui sert en même temps d’antenne. Le circuit de chauffage du filament est constitué par le secondaire d’un transformateur, qui abaisse la tension du réseau aux environs de quatre volts. Si le filament est chauffé directement par le courant alternatif, on a le chauffage direct.

D’autres lampes possèdent un fil métallique, élément chauffant, qui porté au blanc, communique sa chaleur à un élément voisin dont le seul rôle est d’émettre des élections c’est-à-dire à jouer à proprement parler le rôle de cathode. C’est le chauffage indirect ou par rayonnement. Pour assurer le potentiel positif des plaques, le courant alternatif du secteur, après avoir été en général survolté, est redressé et filtré.

Les lampes à écran sont des lampes dans lesquelles la capacité grille plaque est annulée par la présence d’un écran. Ce sont les meilleures lampes amplificatrices ù chauffage indirect.

Les récepteurs modernes de radiophonie sont tous livrés dans une boîte ou « Midget » comprenant un haut-parleur. Ce haut-parleur est un reproducteur de sons puissant, composé d’un dispositif moteur transformant les oscillations électriques en vibrations mécaniques, et d’un dispositif acoustique renforçateur, destiné à provoquer la vibration de l’air, pavillon, écran, etc… Le haut-parleur permet de faire entendre un concert dans toute une salle, et les spéciaux de plein air, dans un rayon de quelques kilomètres.

Les haut-parleurs doivent être placés à la sortie d’une amplification basse fréquence d’autant plus poussée que le volume du son désiré est plus grand. Pour les auditions de petite intensité, une puissance modulée de 0,5 watt suffit. Pour les auditions plus fortes, il faut 1, 2, 3 voire même 5 watts modulés ou plus. On appelle moteur d’un haut-parleur le dispositif dans lequel les courants téléphoniques se transforment en mouvements mécaniques de même fréquence. Ces moteurs sont actuellement construits suivant deux types principaux : les moteurs électromagnétiques et les moteurs électrodynamiques. Les électromagnétiques conviennent particulièrement aux auditions de moyenne puissance habituellement recherchées par les amateurs. Les modèles les plus simples et les plus anciens sont basés sur le dispositif Ader, diaphragme circulaire plat, ou sur le dispositif Brown, à anche. Le diaphragme peut attaquer l’air du pavillon soit directement, soit par l’intermédiaire d’un diaphragme de plus grand diamètre et de forme conique, qui en est solidaire mécaniquement, L’anche n’attaque jamais directement l’air d’un pavillon ; cette attaque se fait par l’intermédiaire d’un cône, en aluminium dans le haut-parleur Brown.