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raient vu des inconvénients. Très souvent des hommes et des femmes que rapprochait leur travail s’aimaient et vivaient très unis. Mais rien ne les y obligeait. »

Dans son Utopie communiste Une vie nouvelle (1933), Madeleine Pelletier explique que le mot « tromper » n’avait plus de sens depuis longtemps. « La sexualité avait cessé d’être le fruit défendu que l’on dévore en cachette. Il était admis par tout le monde que l’amour était un besoin naturel, moins fondamental que la faim, mais qu’il n’y avait aucune raison de condamner. On reconnaissait néanmoins la pudeur que l’on jugeait indispensable à la discipline sociale : les manifestations publiques de l’amour étaient proscrites. Enfermé dans son logement, chacun pouvait avoir la vie sexuelle qui lui plaisait, on admettait même la pédérastie et le saphisme, on n’interdisait que le viol et la séduction des enfants au dessous de quinze ans. »

Nous ne citerons que pour mémoire le roman de Fernand Kolney : L’amour dans cinq mille ans (1910), Il imagine une société où on a supprimé les passions, le désir, l’amour. La fécondation a lieu scientifiquement. Malheureusement il y a un raté parmi les germes, si bien qu’il y a retour à la volupté, etc., et que l’expérience échoue. Ce roman et ceux du même genre sortent de notre cadre.

De tout ce qui précède peut-on déduire une théorie générale des rapports sexuels de l’avenir ? Nous voyons que l’évolution de la réponse fournie par les Utopistes au problème s’oriente dans le sens de la disparition du propriétarisme sexuel et il est probable que ce sera l’une des caractéristiques principales des libres sociétés de l’avenir. Cela au fond a peu d’importance. Les membres des sociétés à venir résoudront la question sentimentalo-sexuelle relativement à leur mentalité d’alors et il ne semble pas que le problème sera résolu tant que subsistera le romantisme amoureux et l’exclusivisme sexuel. Pour éviter d’être une entrave ou un obstacle à la libération de l’unité humaine, le fait érotique ne peut pas occuper une place à part, supérieure par rapport à la satisfaction des autres nécessités de l’organisme corporel ni aux autres recherches du plaisir.

Notre solution, qui veut que les rapports affectifs : sentimentaux ou sexuels, que les recherches des joies érotiques se transforment en relations de pure camaraderie, qu’ils soient objets d’associations ou de pactes temporaires ou durables, écarte tous les périls à redouter en la matière. Intégrant le sexualisme dans le cadre ordinaire des relations de bonne camaraderie, elle lui


enlève son caractère inanalysable et mystique, élimine la jalousie et empêche l’accaparement, au profit d’une unité du corps d’un être qui, autrement, pourrait connaître la variété des sensations et des raffinements du pluralisme amoureux.

Nous estimons que pratiquée comme il convient, notre solution resserrera les liens de camaraderie effective là où elle sera adoptée et qu’elle procurera davantage de bonheur dans les sociétés où elle sera réalisée, Elle est d’ailleurs de tous les lieux et de tous les temps. — Hugo Treni et E. Armand.


Voici, à titre documentaire, les titres de romans récents qui peuvent être classés parmi les Utopies : La Machine à explorer le temps, Quand le dormeur s’éveillera, Anticipations, Un rêve… une vie, par H. G. Wells. — L’Horloge des Siècles, par Robida. — Le chapitre V de Sur la Pierre blanche, par Anatole France. — Voyage au pays de la 4e Dimension, par G. de Pawlowski. — La Malabée, par André Billy. — L’an 2020, par Jacquin et de Gorsse. — La résurrection du Dr Valbert, par Deslinières et Marc Py. — L’Homme qui dormit cent ans, par H. Bernay. — Lumen, par Camille Flammarion. — La Sphère d’Or, par Erlé Cox. — Lucius Caïus, par Henry d’Estre. — Le Chef, par René Laleu. — Fragments d’une Histoire Universelle, publiée par l’Université de Tombouctou, par André Maurois. — Le Talon de fer, par Jack London. — Selon saint Jean, par Pierre Dominique — Le triomphe de Lénine, par Charles Rivet. — Vive Mathusalem, par Bernard Shaw. — Les ruines de Paris en 4908, par Alfred Franklin. — La Mort de la Terre, par J.-H. Rosny. — Le Maître de la Terre, par R.-H. Benson. — The Case of the Fox, par William Stanley. — R. U. R., par Karel Tchapek. — Amiens en l’an 2000 et La journée d’un journaliste américain en 2890, par Jules Verne. — L’Histoire de Quatre ans, par Daniel Halévy. — Dans 300 ans, par Pierre Mille. — 10.000 ans dans un bloc de glace, par Louis Boussenard. — La Vénus d’Asnières, par André Reuzé. — Au delà des ténèbres, par Jean de La Hire. — Neuf mille mondes, par Leone Roberto Bannonieri. — Le Grand Cataclysme (roman du centième siècle), par Henri Allorge. — Sur deux planètes, par Kurt Lazwitz. — Le Monde sans faim, par Alfred Bratt. — Z…, drame des temps futurs, par Banville d’Hostel. — La Mort du fer, par S.-S. Held. — La dernière jouissance, par Renée Durian. — Le meilleur des mondes, par Aldous Huxley. — Mon voyage au Bestland, par le Dr René Aragon, etc., etc. — E. A.