Page:Ferrier - La Marocaine.pdf/17

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OTTOKAR.

Voici une docilité qui m’enchante.


FATIME, après lui avoir donné son chibouk.

Combien de morceaux ?


OTTOKAR.

Neuf… (Pendant que Patime met les neuf morceaux dans la tasse.) Exquise… elle est exquise !… Fatime !…


FATIME.

Général…


OTTOKAR.

Tu n’es pas une esclave ordinaire… Fille du général Tamarjin, à qui je viens d’administrer une formidable raclée, tu as droit à des égards particuliers !… Tu y as droit, de par ta naissance, et de par ta beauté !


FATIME.

Général…


OTTOKAR.

De par ta beauté !… Sais-tu que tu es crânement gentille ?


FATIME.

On me l’a dit quelquefois à Mabrouck !


OTTOKAR.

Eh bien ! je te le répète, à Maroc ! tu as une petite façon, bizarre et drôlette, d’être délicieuse !… et j’ai l’intention de t’attacher spécialement à ma personne !


FATIME.

Je vous suis bien reconnaissante, général.


OTTOKAR, à part.

Exquise… elle est exquise ! (Haut.) Prends un petit carreau, et viens t’asseoir ici… à côté de moi !


FATIME.

Jamais, général !… je suis votre esclave… et il n’appartient pas à une esclave…