Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/11

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Où de son œil ardent, sans pouvoir le saisir,
Il sonde et sonde encor le douteux avenir.
Cet âge où bout la sève ; où, plein d’un feu qui couve,
Comme un être sans but, il cherche sans qu’il trouve ;
Cet âge où rien, enfin, n’est encor de ses mains
Sorti, pour attester sa puissance aux humains.
Il brûle. Il sent en lui qu’il a son œuvre à faire…
Et rien ne vient du Ciel pour l’aider sur la terre !
Il a beau l’implorer ; sourd, sourd à ses accens :
Ses jours vont s’écouler vides et languissans.
Lui ! fort et généreux ! lui ! dont l’ame affamée
Ne veut, pour se nourrir, que gloire et renommée !
Lui qui verrait son sang couler sans l’arrêter
Si son œuvre, à ce prix, se pouvait acheter !
Mourir serait si beau s’il mourait plein de gloire
Mais ignoré ! sans nom !… son ame ne peut croire
À ce destin cruel. Si Dieu lui fit des jours,
Il faut bien les remplir ; il espère toujours.

Et comme au cœur blessé le baume est l’espérance,