Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/12

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Il arrive parfois à calmer sa souffrance.
Son ame est plus tranquille ; il a foi dans le Ciel ;
Sur ses lèvres descend une goutte de miel ;
Sa voix n’est plus ce cri qui s’élance en furie :
C’est un accent pieux qui s’élève et qui prie
Et son front, plus serein, est prêt à recevoir
La bénédiction qui des Cieux va pleuvoir.
 
Elle lui vient enfin. Alors il est une heure
Où le grand homme est ivre en son humble demeure ;
Car, à son noble esprit pour se mieux révéler,
Il est une heure sainte où Dieu vient lui parler.

Et soit pendant un jour vierge de tous nuages ;
Soit au sein d’une nuit, quand grondent les orages ;
Soit dans un réduit noir, ou sous l’ombre d’un bois,
À toute heure, en tous lieux, Dieu fait ouïr sa voix.
Que lui font lieux, instans ? Aux lèvres d’Isaïe
Quand un tison ardent apporta le génie,
Le prophète, pieds nus, au milieu des cailloux,