Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/19

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Mais toi jeune homme ardent, plein d’ame et de courage,
Jule, rêveur aussi d’un immortel ouvrage,
Qu’auras-tu donc du Ciel s’il ne t’inspire pas ?…

Mais tu montes ; j’accours et te suis où tu vas.

Voyez le lieu modeste où l’artiste repose :
Ce sybarite-là ne dort pas sur la rose.
Il a des voluptés, mais c’est quand ses sueurs
Du sein de ses travaux ont tiré quelques fleurs.
Alors, le cœur rempli d’une céleste joie,
Il marche seul et grand dans sa sublime voie
Et, possesseur heureux du dieu de ses désirs,
Savoure, avec transport, d’ineffables plaisirs.
Mais pour arriver là, que d’horribles souffrances !
Qu’il lui faut voir souvent tomber ses espérances !
Sans vous entretenir de ses brûlantes nuits,
De ses travaux perdus, de ses veilles sans fruits ;
Des pleurs qu’il a versés, qu’il doit verser encore
Sur ces millions d’essais que sa main élabore,