Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/23

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Envoyez Raphaël, Véronèze, Poussin,
Et le Guide, et l’Albane, et l’immortel essaim
Des hommes qu’aujourd’hui notre riche patrie
Appelle avec orgueil ses hommes de génie.
Qu’il aborde ces dieux que nous adorons tous,
L’œil brillant, le front haut, le maint en noble et doux
Et qu’eux, jusqu’au moment où poindra la journée,
Le laissent, énivré, la tête couronnée.
Ouvrez vos ailes d’or, songes légers, venez ;
En cercles radieux sur lui tourbillonnez.
 
Mais ? le Ciel aurait-il, sensible à sa prière,
Dans son cœur ténébreux jeté quelque lumière ?
Au milieu de ses maux lui tendrait-il la main ?
Viendrait-il lui montrer le glorieux chemin ?
De sa couche, à demi, le voilà qui se lève.
On dirait qu’en lui-même une épreuve s’achève.
Ses traits sont en repos ; ce n’est plus le sommeil ;
Ses yeux sont entr’ouverts ; ce n’est pas le réveil ;
C’est un calme agité que sans peine il endure,