Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/26

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Au milieu des débris que ses pieds ont foulés,
Devant les flots brumeux à sa vitre assemblés.
Sa longue chevelure au gré du vent s’incline ;
Le frais aigu du soir frappe sur sa poitrine ;
Ses traits de la froidure ont déjà la rougeur
Et ses membres bientôt vont rester sans vigueur.
Mais le vent glacial qui du Nord nous arrive
Épuiserait sur lui son haleine incisive,
Il ne bougerait pas. Tels ces marbres savans
Qu’à Rome ou dans la Grèce a conservés le temps.
Ce n’est plus, à le voir, qu’une blanche statue ;
Mais son regard sublime a dépassé la nue ;
Il voit… Muse, silence ! il ne m’est pas donné
De mesurer l’abîme où sa vue a plané ;
Je suis trop faible encor. Qu’irais-je vous apprendre ?
Je vous dirais des mots, hélas ! sans les comprendre.
Un jour viendra peut-être où je les entendrai ;…
Je saisirai ma lyre et je vous les dirai.

Les heures se pressaient dans leur marche rapide ;