Page:Feuillet Echec et mat.djvu/3

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAQUE PIÈCE, 20 CENTIMES.

THÉÂTRE CONTEMPORAIN ILLUSTRÉ
MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS,
RUE VIVIENNE, 3 BIS.

ÉCHEC ET MAT

DRAME EN CINQ ACTES, EN PROSE


PAR


MM. OCTAVE FEUILLET ET PAUL BOCAGE

Représenté pour la premières fois, à Paris,
sur le Théâtre Royal de l’Odéon,
le 23 mai 1846.


DISTRIBUTION DE LA PIÈCE.
PERSONNAGES

LE DUC D’ALBUQUERQUE, grand d’Espagne… M. Bocage

PHILIPPE IV, roi d’Espagne… M. Jourdain

LE COMTE-DUC D’OLIVARES, premier ministre… M. Arnault

LE COMTE DE VILLA-MEDIANAM. Monjauze

LE CAPITAINE RIUBOSM. Mauzin

UN HUISSIERM. Franck

LA REINEMme Fernand

LA DUCHESSE DE SIDONIA-CŒLIMme Naptal-Anault


Pour la musique nécessaire à la mise en scène complète de cette pièce, s’adresser au théâtre, à M. ANCESSY, chef d’orchestre.

Les indications de droite et de gauche sont prises de la salle ; les personnages sont inscrits en tête de chaque scène dans l’ordre qu’ils occupent ; le premier inscrit tient la première place à gauche.


ACTE I.

Une salle du palais du roi à Madrid ; au fond une large porte avec portières se relevant des deux côtés : elle donne sur une galerie praticable ; au delà, une porte vitrée donnant sur une terrasse à balcon. Au premier plan, une porte à droite, une fenêtre à gauche ; au deuxième plan, deux portes latérales en pan coupé, avec portières, comme à la porte du fond. Deux tables. — Le décor est le même pendant toute la pièce.

Scène I.

LE CAPITAINE RIUBOS, LE DUC D’ALBUQUERQUE, chacun d’un côté de la porte du fond ; LE COMTE DE MEDIANA, à la porte latérale du premier plan.

LE DUC.

Capitaine Riubos, j’ai l’honneur de vous dire que le propos que vous venez de tenir sur dona Sidonia est indigne d’un galant homme.


RIUBOS.

Monsieur le duc d’Albuquerque, si ce n’était pas trop d’honneur pour un pauvre capitaine d’aventure comme moi, de croiser l’épée avec un grand seigneur comme vous êtes, je vous dirais, moi, que vous m’insultez.


LE DUC.

Monsieur, j’ai l’habitude, toutes les fois qu’un cavalier de naissance se croit insulté par moi, de me mettre à sa disposition.


RIUBOS.

Ce qui veut dire ?


LE DUC.

Que nous avons tous, deux une épée, capitaine, et que je suis prêt à vous suivre partout où vous voudrez me conduire.


RIUBOS.

Montrez-moi le chemin, monsieur le duc.


LE DUC.

Non ; passez devant, capitaine ; je suis grand d’Espagne de première classe, de sorte que je suis presque chez moi dans le palais de Sa Majesté. Il est juste que je vous en fasse les honneurs.


RIUBOS.

C’est pour vous obéir, monsieur le duc. (Il se découvre.)


LE DUC.

Je vous suis, capitaine. (Ils sortent.)