Page:Feydeau - Théâtre complet, volume 8, 1948.djvu/238

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Duchesse.) Môme Crevette, voulez-vous que je vous dise une chose confidentielle ?

La Duchesse. — Allez !

Le Duc. — Eh ! bien, cette ressemblance, je trouve ça excitant.

La Duchesse. — C’est vrai ?

Le Duc. — Positivement.

La Duchesse, à part. — Eh bien ! mon vieux !

On sonne.

Le Duc, revenant à la réalité très vivement. — On a sonné ! Vous permettez ? Cela doit être Sa Majesté !

La Duchesse. — Allez !

Le Duc. — C’est cela ! Arrangez-vous ; que l’on ne voie pas que vous avez pleuré, et surtout. pas un mot à Sa Majesté.

La Duchesse. — Tu parles !

Le Duc. — Merci !

La Duchesse. — Ouf ! je l’ai échappé belle !

Scène VII

Les Mêmes, Arnold, puis Serge, Chandel, Chopinet, Kirschbaum, les trois Officiers

Arnold, accourant comme un fou le chandelier allumé à la main. — V’là le Roi ! C’est le Roi !

Le Duc. — Sa Majesté ! Vite, le chandelier !

Il prend le chandelier des mains d’Arnold, Les officiers se rangent au fond.

Arnold, rangé à côté de la porte du fond. — Sa Majesté !

Entre Serge, suivi de Chopinet, Kirschbaum et Chandel.

Serge, entrant carrément. — Bonjour, Messieurs !

Le Duc, le chandelier à la main. — Sire, je suis heureux et fier de vous souhaiter la bienvenue au seuil de ce petit… de ce petit…

Serge, souriant et achevant pour lui. -…t’aimoir… Vous êtes bien aimable ! (Descendant à droite de la table.) Et… (Faisant signe au Duc d’approcher.) on m’attend ?…..

Le Duc, à mi-voix. — Oui, Sire !

Serge, à Kirschbaum et Chopinet. — Allons, mes amis, vous avez bien voulu m’accompagner jusqu’ici. Je vous remercie de votre conduite, mais vous devez comprendre que je n’ai plus besoin de vous.

Kirschbaum et Chopinet, s’inclinant. — Sire !…

Serge. — Quant à vous, brave Chandel, vous m’avez ému par vos doléances. Je vous ai fait perdre votre situation, je vous dois une compensation ! Je vous nomme recteur de l’Université du Royaume d’Orcanie.

Chandel. — Moi ? Sire ! Est-il possible ? Un tel honneur ! A mon âge !

Serge. — Eh bien ! quoi ?

Chandel. — C’est qu’en général, c’est parmi les doyens de la profession…

Serge, avec une désinvolture toute royale. — Eh ! bien, je vous nomme doyen, voilà tout !