Page:Feydeau - Un fil à la patte, 1903.djvu/22

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mais enfin, quoi ? ce n’est pas une situation pour elle… il n’a plus le sou !


Marceline. (2)

Oui, oh ! je sais bien !… mais ça, Lucette vous le dira. (Confidentiellement.) Il paraît que quand on aime, eh bien ! un garçon qui n’a plus le sou, c’est encore meilleur !


De Chenneviette (1), railleur.

Ah ?


Marceline, vivement.

Moi, je ne sais pas, je suis jeune fille. (Elle s’assied à droite de la table.)


De Chenneviette, s’inclinant d’un air moqueur.

C’est évident ! (Revenant à son idée.) Eh bien ! et le rastaquouère, alors ?


Marceline.

Qui ? le général Irrigua ? Dame, il me paraît remis aux calendes grecques !


De Chenneviette, se levant.

C’est malin ! Elle a la chance de trouver un homme colossalement riche… qui se consume d’amour pour elle ! un général ! je sais bien qu’il est d’un pays où tout le monde est général. Mais ça n’est pas une raison !…


Marceline, surenchérissant, — elle se lève.

Et d’un galant ! avant-hier, au café-concert, quand il a su que j’étais la sœur de ma sœur, il s’est fait présenter à moi et il m’a comblée de bonbons !