Page:Feydeau - Un fil à la patte, 1903.djvu/43

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Firmin. (2)

Oui, oui, « monsieur Bassin ! »


Bouzin.

Non, « Bouzin ! »


Firmin.

Euh ! « Bouzin » parfaitement !


Bouzin, posant son chapeau sur la chaise près du canapé.

Attendez, je vais vous donner ma carte. (il cherche une de ses cartes.)


Firmin.

Non, c’est inutile, « Bouzin », je me souviendrai, pour la chanson : « Moi j’pique des épingues ! »


Bouzin.

Parfaitement ! (Firmin sort par la porte du fond à droite, Bouzin le poursuivant presque jusque la porte.) Mais je vous assure qu’avec ma carte… (Redescendant derrière le canapé, tout en remettant la carte dans son portefeuille.) Il va écorcher mon nom, c’est évident ! (Regardant le bouquet.) Le beau bouquet, tout de même ! (Il se dispose à remettre son portefeuille dans sa poche, quand une idée traverse son cerveau ; il s’assure que la baronne, qui est à sa lecture, ne le regarde pas, il retire sa carte et la fourre dans le bouquet, puis descendant.) Après tout, puisque c’est anonyme, autant que ça profite à quelqu’un ! (Il remet son portefeuille dans sa poche. — Moment de silence. Tout d’un coup, il se met à rire, ce qui fait lever la tête à Mme Duverger.) Non, je ris en pensant à cette chanson : « Moi je pique des épingues ! » (Un temps. La baronne se remet à lire. Nouveau rire de Bouzin.) Vous vous demandez sans doute, ce que c’est que cette chanson : « Moi je pique des épingues » !