Page:Feydeau - Un fil à la patte, 1903.djvu/44

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Madame Duverger.

Moi ? pas du tout, Monsieur ! (Elle fait mine de reprendre sa lecture.)


Bouzin, qui s’est avancé jusqu’à la baronne.

Oh ! Il n’y aurait pas d’indiscrétion ! C’est une chanson que j’ai écrite pour Lucette Gautier… Tout le monde me disait : « Pourquoi n’écrivez-vous pas une chanson pour Lucette Gautier ? »… et de fait, il est évident qu’elle sera ravie de chanter quelque chose de moi… Alors, j’ai fait ça ! (Même jeu pour la baronne.) Tenez, rien que le refrain pour vous donner un aperçu…

(La baronne en désespoir de cause plie son journal et le pose sur la table.)

Moi, j’piqu’des éping’
Dans les p’lot’des femm’s que j’disting’:


(Parlé.) L’air n’est pas encore fait (Récitant avec complaisance.)

Chacun sa façon de se divertir,
Quand j’piqu’pas d’éping’, moi, j’ai pas d’plaisir !

(Il rit d’un air enchanté.)

Madame Duverger, approbative par complaisance.

Aah !


Bouzin, quêtant un compliment.

Quoi ?


Madame Duverger, même jeu, ne sachant que dire.

Ah ! Oui !


Bouzin.

N’est-ce pas ? (Après un temps.) Mon dieu, je ne dirai pas que c’est pour les jeunes filles.