Page:Fiel - Épreuves maternelles, 1930.djvu/5

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

Épreuves Maternelles
par Marthe FIEL


----


I


Le défilé se terminait à la sacristie pour le mariage de Mademoiselle Denise Gaulot avec M. Paul Domanet.

La mariée était jolie et gracieuse, mais son visage accusait une mélancolie que ne parvenait pas à cacher le sourire qu’elle donnait à tous ceux qui la félicitaient.

L’air brusque et bourru du marié motivait peut-être cette tristesse. Il apparaissait assez vulgaire pour un observateur, quoiqu’il s’efforçât de jouer à l’homme du monde. Son physique n’était ni bien, ni mal, mais circonstance fâcheuse aux yeux de quelques-uns, il avait dix-huit ans de plus que sa femme.

Chacun savait, en revanche, qu’il était très riche et que la jeune fille qu’il épousait ne possédait rien.

La plupart des assistants la plaignaient, surtout ceux qui connaissaient le caractère de Paul Domanet. Il passait pour autoritaire. On lui reprochait aussi ses façons discourtoises et son manque de tact.

Fils de ses œuvres, il s’en montrait fier, et ses différents aspects de parvenu constituaient une gloire pour lui. Parfois, il les affichait avec ostentation sentant qu’il décontenançait ses auditeurs. Il était loin d’être sentimental et s’il épousait Denise Gaulot, c’est qu’elle appartenait à un monde supérieur.

Denise venait de perdre ses parents et se débattait dans un désarroi pénible. Elle ne réfléchit pas. Elle rencontra cet homme qui lui parut respectueux et qui parlait de ses dons aux pauvres. Elle l’agréa, le croyant bon.