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AUTOUR D’UN CANDIDAT


CHAPITRE III


Pendant que Mme Lavaut soliloquait, Mme Lydin agissait déjà. Elle appela sa fille, et, sous prétexte de lui essayer un paletot de laine qu’elle lui tricotait, elle l’emmena dans sa chambre. Elle tira le verrou, ne voulant pas être dérangée. Isabelle regardait sa mère dont le visage l’inquiétait. Elle la savait nerveuse et se demandait comment se comporter. Un mot, parfois, déclenchait des phrases pénibles, selon que Mme Lydin voyait la vie en noir ou en rose.

Or, Mme Lydin arborait à ce moment-là un visage inattendu, composé de fébrilité, de joie et de malice, le tout recouvert d’une irritation contenue.

Elle commença :

— J’ai à te parler sérieusement, Isabelle…

— Bien, maman…

La jeune fille eut un clair sourire.

— II ne s’agit pas de rire niaisement et de t’amuser comme une enfant…

— Mais ne sommes-nous pas en vacances, de bonnes vacances aussi prématurées qu’inattendues ?

— Tant qu’on n’a pas atteint un but, il n’est pas de vacances, sache-le… Ton avenir va se décider durant ce séjour…

— Mon avenir ?

— Oui, ce Marcel Gémy… il faut que tu l’épouses…

Isabelle contempla sa mère durant quelques secondes. Elle ne s’attendait nullement à cette injonction catégorique. Elle ne savait pas trop