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AUTOUR D’UN CANDIDAT

bougon, la mère est une intrigante, la fille est niaise, et le fils un inutile…

— Ah ! répliqua Isabelle en riant toujours, je ne les vois pas ainsi… M. Lavaut est un homme qui aime la tranquillité ; il est charmant quand il pêche à la ligne ; Mme Lavaut est une mère qui veut marier correctement ses enfants et elle s’y emploie le mieux possible. Quant à Louise, elle est timide, mais bonne avec une masse d’autres qualités, non brillantes peut-être, mais fort nécessaires dans la vie courante… Son intérieur sera bien tenu… Alfred, lui, paraît étrange à première vue, mais quand il s’agit de choses sérieuses, il se transforme… Dès qu’il se mariera, il compte être attaché au Muséum… On connaît ses capacités et on lui a fait entrevoir une mission en Afrique pour en étudier la faune et la flore… Il a, de plus, douze mille francs de rente et je trouve que c’est un garçon simple comme sa sœur, et comme elle encore, bon et aimable…

Mme Lydin s’était petit à petit arrêtée dans ses préparatifs. Agenouillée devant une valise, elle regardait sa fille, les bras ballants.

Ce discours si long l’étonnait dans la bouche d’Isabelle, assez insouciante d’ordinaire pour tant parler. Elle découvrait soudain que sa fille était plus perspicace qu’elle ne le croyait.

Les perspectives qu’elle ouvrait à ses yeux la plongeaient dans une surprise joyeuse.

Elle s’écria complètement retournée :

— Mais cet Alfred est à retenir !… c’est un parti !… cette bonne petite Louise est si aimable… Et cette chère Mme Lavaut, comme je la comprends !… cette pauvre mère me ressemble… elle veut marier ses enfants, tout