Page:Fiel - Le fils du banquier, 1931.djvu/7

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main, il se réveilla par un beau ciel de printemps. La vie lui parut belle. Il se rappela tout de suite qu’il devait voguer bientôt vers l’Amérique et il fut impatient de partir.

Il pensa qu’une promenade à cheval lui serait salutaire et il s’y prépara.

Ensuite, il passa aux bureaux de son père, mais simplement pour l’y chercher.

Ils s’en allèrent de compagnie, comme deux amis heureux de se retrouver. C’était toujours un nouveau bonheur pour le banquier d’arpenter les rues avec son fils. Ce beau garçon de vingt-six ans, bien planté, était son orgueil.

— J’ai fait retenir ta place…

— Ah ! déjà ?… Tu t’es donné cette peine… J’aurais pu m’en charger…

— Ce sera un bon paquebot, tout un monde, naturellement, comme tous ces transports merveilleusement agencés… J’ai écrit aussi à mon vieil ami Laslay… Tu seras bien accueilli chez lui… La dernière fois que j’ai reçu de ses nouvelles, il avait quatre enfants… Je ne sais plus quel âge ils ont…

— Cela n’a aucune importance, d’ailleurs…

— C’est vrai, d’autant moins que tu ne séjourneras que trois ou quatre mois là-bas, six au plus…

À partir de ce moment, les jours passèrent vite pour Gérard. Il prépara son voyage, choisissant des malles confortables et s’ingéniant à les réduire.

Le matin du départ arriva. Il monta dans le train, joyeux, lançant de gais au revoir à son père et au P. Archime qui l’accompagnaient à la gare.

La vie du transatlantique l’égaya. Il n’eut aucun malaise, ce qui contribua à lui conserver cette allure sereine dont il était coutumier. Il ne se lia pas avec ses compagnons, mais les observa non sans intérêt. Les Américains formaient la majeure partie des passagers et Gérard put tout de suite s’exercer à l’accent. Il en était enchanté, jugeant ainsi qu’il lui serait plus aisé de se débrouiller seul.

Quand il débarqua à New-York, il était déjà familiarisé avec la ville par ce qu’il avait entendu.

Quelques jours après son arrivée, Gérard avait pris ses habitudes. Il était né pour voyager. Il visita les monuments principaux, s’orienta, puis, ce répit accordé à sa fantaisie, il se présenta chez le banquier où il devait approfondir les secrets du métier.

Il fut reçu d’une manière commerciale qui l’aurait dérouté si son court séjour ne l’eût déjà quelque peu formé. Cette bienvenue ne manquait cependant ni de formes, ni d’amabilité. Elle était d’un autre genre tout simplement.