Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


conservé au Louvre. Philippe le Bon le garda comme peintre et valet et lui commanda un grand tableau pour l’autel de la chapelle du château de Saulx. Il peignit aussi un tabernacle, un retable et un devant d’autel pour l’église de Saint-Michel de Dijon. Aucune de ces œuvres ne nous est parvenue. On attribue aujourd’hui à Bellechose un Martyre de saint Georges (Louvre) qui comprend : au centre un Calvaire avec les Saintes Femmes, saint Jean



Michel Colombe
Tombeau de François II et Marguerite de Foix
(Cathédrale de Nantes)

et un chartreux au pied de la croix ; à droite saint Georges, vainqueur du dragon ; à gauche la décapitation du saint guerrier. Dans l’ordonnance, le tableau offre des ressemblances presque symétriques avec le Saint Denis de Malouel. Les figures sont également sur fond d’or. Mais le style est plus rude ; les draperies sont plus tourmentées et annoncent des maîtres rhénans du XVe siècle ; la couleur a perdu sa profondeur harmonieuse. Néanmoins l’expression physionomique, le choix des types et le groupement des figures conservent à cette œuvre curieuse son caractère spécialement dijonnais.

La peinture bourguignonne meurt avec Bellechose ; elle ne laisse point dans l’histoire de l’art la trace glorieuse des créations sculpturales de