Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/200

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156 chef-d'œuvre, résume eu l’espace d’un pied carré ce que la peinture de tous les temps a réalisé de plus parfait comme interprétation physionomique. Derrière le donateur, son patron saint Georges, cuirassé. Sa bouche esquisse le sourire « éginétique », de l'Ange de Saint-Pétersbourg, ce qui lui donne pour Fromentin un type androgyne et pour d’autres critiques Jean Van Eyck Petit autel portatit (Musée de Dresde). moins subtils, un air niais. C’est en réalité un éphèbe élancé et robuste, sans doute un écuyer brugeois de la cour de Philippe l’Asseuré. Son armure ciselée, avec des lueurs rapides et incisives dans le métal, son pennon à croix de gueules sur champ d’argent, n’ont d'égales que les armures et les bannières des archanges de lumière qui chevauchent devant les Chevaliers du Christ du Retable de l’Agneau. En pendant à saint Georges, voici le patron de l’ancienne cathédrale de Bruges, saint Donatien, en splendide vêture épiscopale, la croix processionnelle dans une main, et dans l'autre la roue aux cinq cierges rappelant son miraculeux sauvetage. Le saint évêque ayant été précipité dans un fleuve par des serviteurs infidèles, le pape Dionysius eut l'inspiration de poser sur les eaux une roue sur laquelle brûlaient cinq cierges et qui tout de suite se dirigea vers l’endroit où était le noyé. Saint Donatien put être retiré du fleuve et le pape le ramena à la vie par ses prières (1). La Madone du chanoine Van der Paele ne nous est pas parvenue abso- (]) Cf. Kaemmerer. Op. cit. p . 68 .