Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Notre heureux naturalisme.

Mgr Dehaisnes l’affirme. Il reconnaît dans l’imagerie de pierre du XIe siècle le naturalisme des Gaulois, tel qu’il s’était manifesté à Moulins. Mais sa thèse est contredite par la riche série de faits qu’il expose.


Saint Christophe
Fresque de l’hôpital de la Biloque, Gand. XIIIe siècle
(D’après une copie à l’aquarelle de M. Tulpinck)

Il nous parle des artistes italiens appelés par Charlemagne et entretenus par les grands officiers de son palais ; il mentionne les travaux exécutés à Aix-la-Chapelle par un artiste que les chroniqueurs appellent « le célèbre peintre italien Jean » ; il insiste sur l’influence byzantine qui s’affirme aussitôt la terreur normande terminée, dès la fin du IXe siècle, dans les ivoires et les étoffes ; il montre à merveille que dès le XIe siècle, les sceaux des comtes de Flandre et de Hainaut, des évêques, des chanoines, des seigneurs sont des œuvres très remarquables, plus nerveuses, plus caractéristiques que les sculptures de pierre contemporaines et il donne la raison certaine de cette supériorité. En effet les cornes, verres, agathes, onyx, cornalines avec sujets païens n’étaient pas rares dans nos régions et passaient pour des talismans que l’on utilisait comme cachet : Jupiter figurait sur le sceau d’un chanoine de Lille, Mars sur celui du chapitre de Bruges, Vénus sur celui d’un chanoine de Condé, Pégase sur celui des échevins de Bourbourg, etc. Il est indiscutable que l’emploi de ces camées et de ces pierres gravées antiques exerça la meilleure influence sur la gravure sigillaire. En réalité, quelle est la conclusion à dégager de ces