Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/217

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169 Comme le proposent les nouveaux éditeurs du Cicerone ( 1 ), il s’agit ici sans doute du travail d’un maître napolitain influencé par le réalisme flamand du XV e siècle. Nous devons considérer comme absolument perdu aussi le célèbre triptyque : la Vierge avec l'enfant Jésus et le dona- teur qui provient de l'abbaye Saint-Martin à Ypres et que possède aujourd’hui M. G. Helleputte. L'authenticité de cette œuvre, laissée inachevée par le maître, est incontestable; deux documents presque con- temporains l'établissent et il y a peu de tableaux de Jean Van Eyck dont l'histoire soit aussi connue (2). Tous les chroni- queurs du xvi e et du xvn c siècle le signalent : Van Vaernewyck, Lucas de Heere, Guichardin, Van Mander, qui dit: « Il sem- blait que ce fut une œuvre plus divine qu'humaine. » Mais il ne reste plus trace de la pein- ture primitive. Elle a été restau- rée ou plutôt refaite impitoya- blement, par quelque barbouil- leur yprois de la fin du xvi e ou du commencement du xvn e siècle. L'abbé Nicolas Van Maelbeke prévôt de Saint- Martin d 'Ypres, représenté au centre, est effrontément défigu- ré;onluiafaitunetêterou- geaude de tireur à l’arc. Aucun vestige ne subsiste du pinceau Photo Hanfstaengl. Jean Van Eyck L’Ange Gabriel Volet du Retable de l’Agneau (Musée de Berlin). (1) Burckhardt. Cicerone. 2 e part. 5 e éd. Trad. Gérard, p. 632, note. (2) Cf. Weale. Catalogue des primitifs, p. 6 . et 7.