Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/231

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181 Titien, sur la demande du roi, envoya « une sorte d’azur que l’on tient » pour naturel, qui se trouve dans les montagnes de la Hongrie et qu’il était » moins difficile d’obtenir avant que le Turc ne se fut emparé de ces » contrées. La faible quantité que » l’on employa au manteau de la » Vierge coûta trente-deux du- » cats (1) ». Coxcie introduisit quelques modifications dans sa copie. A l’extérieur il ne reproduisit ni les portraits des donateurs, ni la figure en grisaille de saint Jean- Baptiste; il les remplaça par trois

Evangélistes en conservant saint Jean l'Apôtre; à l’extérieur il chan- gea légèrement l'attitude de l’ange qui joue l’orgue. Transportée à Valladolid, puis dans la chapelle du palais de Madrid, la copie repassa les Pyrénées durant les guerres de Napoléon. En 1817 elle était à Bruxelles et son sort fut pareil à celui de l'original ; elle fut misérablement dispersée. L’œuvre de Coxcie est fort remarquable, et nous sommes de l'avis de Lucas de Heere. Le Raphaël flamand « a sauvegardé son honneur. » Mais la comparaison avec les Van Eyck est écrasante. La facture du grand copiste reste super- ficielle, son modelé est lâche. Il force ses tons, donne au rouge un maxi- mum de vivacité et pourtant sa couleur garde un aspect anémique ; son paysage manque d’air; ses détails d’orfèvrerie sont médiocres. Rien ne proclame mieux la grandeur des frères Van Eyck que l’infériorité de cette belle copie (2). Photo Hanfstaen^ Hubert et Jean Van Eyck Saint Jean-Baptiste K’etable de l’Agneau (Église de Saint-Bavon, Gand). (1) Le Livre des Peintres, éd. Hymans, p. 33. (2) Une deuxième reproduction fut exécutée au commencement du XVI U siècle ; elle passa entre diverses mains. Elle est à présent au musée d’Anvers; nous l’estimons très inférieure au travail de Michel Coxcie.