Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/239

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189 l’oratoire de Marie. C’est l’heure vespérale du Mystère. Un demi-jour tiède entre par l’étroite fenêtre du fond, éclaire la petite niche où brillent quelques ustensiles de cuivre, enve- loppe le prie-Dieu et le bréviaire, tandis qu’un rayon perdu joue avec l’eau de la carafe posée sur le balcon de l’antichambre. Les premières ar- cades s’ouvrent sur une sorte de loggia voûtée et c'est au delà seule- ment que l’on aperçoit une rue dont les maisons projettent de grandes ombres. L'Ange et Marie sont traités dans le style sculptural des deux figures en grisaille, sans ressembler toutefois à des images de pierre. Le visage de Marie est admirable de confiance, de foi, d’émotion. Entre les deux figures, deux panneaux plus étroits complètent le décor de l'Annonciation. D'un côté, un petit tabernacle avec un plat, une bouilloire de cuivre et une serviette; le tout voilé d’inexprimables rous- seurs. D'autre part, au delà d’un balcon où montent deux colonnettes accouplées par le plus adroit des architectes et reproduites par le plus hardi des peintres, on voit un coin de ville. On a cru pouvoir identifier ce site avec la rue Courte du Jour de Gand, et comme Judocus Vydt possédait trois hôtels dans ces para- ges, on a dit que Jean Van Eyck était venu terminer le Retable à Gand, avait étage de la demeure personnelle du Annonciation le décor patricien et le Photo Hanfstaengl. Hubert et Jean Eyck Les Juges Intègres Volet du Retable de l’Agneau (Musée de Berlin). transformé en atelier le second Mécène, et reproduit pour son site gantois offerts à ses yeux.