Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/245

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


foi viennent en foule célébrer les noces de la triomphante victime. Et l’Église, nouvelle Jérusalem que Dieu a fait descendre du Ciel, s’est parée comme une épouse pour son époux. Et l’assemblée entière des fidèles a revêtu la robe nuptiale. Et le monde moral universel est venu glorifier l’Agneau divin, symbole de la Rédemption suprême…


Photo Hanfstaengl

Hubert et Jean Van Eyck
Saint Antoine et les Ermites
Volet du Retable de l’Agneau
(Musée de Berlin).

Dieu le Père est assis, la tête couronnée de la tiare papale. Une éclatante bille de chape, chargée de cabochons et de perles, agrafe son manteau rouge galonné d’inscriptions, de filigranes, de pierres, de perles. Le sceptre de cristal de roche qu’il tient de la main gauche excitait jadis l’admiration de tous les peintres : à lui seul, dit Van Mander, il coûterait un mois de travail[1]. De la droite, le Roi des Rois bénit les fidèles, tandis qu’à ses pieds étincelle une couronne votive, hommage sans doute des royautés terrestres. Un tapis de brocart est tendu derrière lui, surmonté de trois demi-cercles concentriques où sont tracées en capitales gothiques les inscriptions suivantes :

« Hic est Deus potentissimus propter divinam majestatem suam, omnium optimus propter dulcedinis bonitatem, remunerator liberalissimus propter immensum largitatem. »
  1. Livre des Peintres, éd. Hymans, p. 31.