Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/246

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- 194 — — « Celui-ci est le Dieu tout puissant par sa divine majesté, de tous te » meilleur par la douceur de sa bonté, le rémunérateur le plus libéral à cause de son infinie largesse (1). » D’où est tirée cette inscription ? Vient-elle de quelque ouvrage des Pères ? Le texte n’est point de la Bible et cette question de provenance est bien délicate à résoudre. Sur les franges du manteau, brodées en perles, des lettres forment la phrase suivante : SABAOT... PEX f PETR f A... ANC... M f PED.. NANXIN f D... NC f ANANX .. .aNC. Il est impossible de trouver un sens à ce texte, seuls les mots Sabaot (en hébreu armées) et Pex, qui est peut-être rex , peuvent signifier quelque chose. Comme l’a déjà remarqué Liévin de Bast, il est probable que le peintre n’a pas eu l’idée de composer une phrase suivie, offrant un sens. Il a placé ces lettres en guise d’ornement pour figurer une sorte d’écriture (2). On trouve des exemples identiques de lettres ornementales dans bon nombre de miniatures du XV e siècle, sur les plats allemands en cuivre et sur les statuettes polychromes de la même époque. Toutefois, ainsi que nous l’avons fait remarquer, la soi-disant devise de Jean Van Eyck est comme rappelée par les lettres : NANXIN... ANANX. (3) Une marche mène au trône de Dieu le Père; on lit : «  Vita sine morte in eapite, iuventus sine senectute in froute, gaudium » sine merore a dextris, securitas sine timoré a sinistris. » — « Sur la tête la vie sans mort ; au front la jeunesse sans vieillesse ; à droite, la joie » sans tristesse, à gauche la sécurité sans crainte. » Et sur le brocart vert tendu derrière le Très Haut, au dessus du pélican, dans une jolie ban- derole ornementale, par trois fois est répété le nom du Fils qui bientôt descendra sur la terre : IHESVS XPS

La Vierge est à la droite du Père, enveloppée d’un manteau bleu que garnit une bande de vermeil semée de cabochons et de perles ; sur ses (1) Waagen a fait deux erreurs de lecture. Au lieu de dulcedinis, il a lu dulcissimam et pour largi- tatem il donne tarditatem ( Messager des Sciences et des arts, 1S24. p. 1907.) II a reconnu son erreur en ce qui concerne le mot tarditatem. Cf ibid, p. 443. Liévin de Bast a mieux lu, mais il n’a pas été absolument exact en imprimant MAJESTATE, OPT1 et INME, ibid p. 197, note 2. (2) Messager p. 197, 1. (3) Nous ne pouvons pas donner une idée exacte de cette ressemblance avec nos caractères d’impression.