Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/31

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de ces dieux latins ne méprisait la vie. En eux se retrouvait le sentiment de la réalité découvert par les humbles artisans des régions nordiques.

Les frères des grands communiers du XIVe siècle avaient créé le portrait, le paysage, genres où brillèrent plus tard les Velasquez, les Franz Hals, les Giorgione, tous les impressionnistes de la Renaissance, tous les maîtres du XVIIe, puis du XVIIIe siècle, genres qui restent avec David, Ingres, Corot, les plus authentiques richesses de l’art contemporain. C’est pourquoi l’on peut dire que la beauté moderne est sortie des principes inaugurés par les maîtres du Nord, que le XIVe siècle fut une époque solennelle dans l’histoire de l’art, et que, entre nos grands ancêtres, ceux que nous devons chérir d’un amour particulièrement tendre et respectueux, ce sont ceux qui résumèrent définitivement les conquêtes septentrionales, les maîtres de l’Adoration, les évangélistes de notre art et de l’art moderne, les frères Van Eyck.