Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/615

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CHAPITRE V

pente, dimension et longueur des drains.

Pente des drains. — La pente des drains doit être telle qu’elle puisse vaincre les résistances qui s’opposent au mouvement de l’eau, et permettre à cette eau de couler avec une rapidité convenable. Plus le liquide éprouvera de frottements, et par conséquent, sera ralenti dans les drains, plus la pente devra être prononcée. Ainsi, la pente devra être plus grande dans les drains empierrés, où l’eau décrit de nombreux circuits à travers les pierrailles, que dans les tuyaux et les conduits en briques. Pour les conduits en tuyaux, par exemple, la pente minimum sera de 0m,002 par mètre, et la pente moyenne de 0m,003 ; tandis que pour les conduits empierrés, la pente minimum sera de 0m,005 par mètre.

Les drains de desséchement étant dirigés suivant la déclivité du terrain, on obtient aisément une pente supérieure à la limite que nous avons donnée. Quand le sol est assez incliné, le fond des drains suit ses inclinaisons ; mais, quand il n’est que peu accidenté, on conserve au fond des saignées, une inclinaison régulière sans la modeler sur les insignifiantes ondulations du sol. Il en résulte que les drains ont plus de profondeur dans les points de surélévation et un peu moins dans les dépressions.

Si le terrain est horizontal, ou moins incliné que la limite nécessaire à la pente des drains, ou même s’il présente une pente inverse de celle que doivent avoir les drains pour que l’écoulement puisse s’effectuer, on donne aux tranchées une profondeur variable allant en décroissant de leur extrémité d’aval à leur partie supérieure. La pente des drains collecteurs doit, de même, être aussi forte que possible, et sa limite minimum est égale à 0m, 002 par mètre. Cependant, on doit éviter une pente tellement considérable que la vitesse de l’eau pourrait détériorer le conduit. Aussi, quand des pentes exagérées se présentent, faut-il les éluder. On partage alors chaque conduit en une série de lignes à faible déclivité, raccordées par des chutes d’eau à l’intérieur du tuyau.

Dimensions des drains. — La dimension du conduit des drains devrait être déterminée d’après la longueur de la pente et l’écartement des tranchées : en effet, cette dimension dépend de la quantité d’eau que le conduit doit débiter, et de la vitesse d’écoulement. Mais on ne procède pas ainsi dans la pratique. On se sert de tuyaux d’un diamètre uniforme dans toutes les circonstances, et l’on règle la longueur des drains d’après leur écartement, d’après leur pente, et d’après le diamètre des tuyaux.

Au point de vue de l’économie, il y a avantage à réduire le plus possible la dimension des tuyaux, sans dépasser pourtant une certaine limite ; car il ne faudrait pas croire, comme on l’a dit, que les tuyaux de drainage soient toujours trop larges. De trop petits tuyaux pourraient s’engorger, et l’on a vu des drains coulant à gueule bée, ce qui indiquait qu’ils ne pouvaient débiter assez vite l’eau qui les pénétrait. Des tuyaux de 0m,025 de diamètre semblent parfaitement convenir dans le cas où les drains n’ont à écouler que les eaux pluviales qui tombent sur la surface du sol. Des tuyaux de cette dimension et présentant une pente de 0m,083 par mètre, peuvent, selon M. Leclerc, débiter en 24 heures, 301 384 litres d’eau, c’est-à-dire autant qu’il en tomberait dans le même temps, sur une surface de 81 mètres de longueur et de 15 mètres de largeur. En admettant que la pluie fût telle qu’elle puisse fournir en 24 heures une hauteur d’eau de 0m,025, les drains du dernier ordre, ou les plus petits, dit M. Barral, ne doivent pas avoir moins de 0m,030 à 0m,035.

Quant au diamètre du conduit des drains collecteurs, il dépend de l’étendue de terrain occupée par les drains de desséchement, de la pente de ces drains et de leur propre