Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/695

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poissons de disperser leurs œufs. Dans ce but on supprime en partie les corps auxquels ils ont coutume de les fixer, et on n’en laisse, subsister que là où l’on veut concentrer et recueillir cette récolte séminale. Supposons, par exemple, que ces corps récepteurs soient des herbes aquatiques : on les fera faucher, et on ne conservera que des touffes isolées. Ces touffes constitueront des frayères naturelles, chargées d’œufs, que l’on transportera ensuite dans des appareils à éclosion.

Si dans les bassins où l’on veut multiplier les espèces que l’on y conserve, il n’existe pas de corps propres à constituer, pour les poissons, des frayères naturelles, il faut les remplacer par des frayères artificielles. On place ces frayères artificielles ordinairement sur les bords de la rivière en pente douce, dans les lieux exposés au soleil, et sous une mince couche d’eau, un mois et demi ou deux mois avant l’époque présumée de la fraie.

Les frayères artificielles se composent d’un cadre de lattes ou de perches auxquelles on attache des touffes de racines ou de plantes, ou de petites fascines (fig. 553).

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Fig. 553. — Frayère artificielle.

Des touffes d’herbes ou de racines, des balais de bruyère ou de menus bois, formant par leur réunion de petits massifs, et placés sur des perches, ou bien une vieille corbeille pleine de ces mêmes broussailles, forment d’excellentes frayères artificielles (fig. 554). On en fabrique aussi d’excellentes à l’aide de vieux cercles que l’on remplit de broussailles.

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Fig. 554. — Caisse dans laquelle sont groupées des plantes aquatiques formant frayère.

Quelle que soit leur forme, on établit ces fascines soit horizontalement au bord de la rivière, comme le représente la figure 555, soit obliquement, comme le représente la figure 556.

Quand on s’aperçoit que les herbes ou les fascines sont chargées d’œufs, on les retire et on les place dans des appareils à éclosion.

Quant aux espèces comme les Truites, les Saumons dont les œufs ne sont pas collants, mais sont toujours libres, et qui tombent sur le sable des rivières, on pourra aussi essayer de leur fournir les moyens de se reproduire naturellement. Là où les eaux limpides coulent sur un lit peu profond, on peut placer