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mouraska venait de se voir tomber quatre enfants sur les bras, par la mort de sa belle-fille. Son fils était venu se réfugier chez elle avec sa peine inconsolable et ses marmots. J’étais enchantée de l’aubaine. S’il pouvait y avoir une petite fille à peu près de ton âge, si j’arrivais à me faire aimer de ces enfants, ce serait une compensation. Je quittais une position très avantageuse pour une besogne plus forte et moins rétribuée.

— Je partais le cœur gonflé d’espoir, je t’amenais, je n’avais rien dit, je verrais ce qu’il y aurait à faire.

— Bien que la dame parût croire mon histoire, elle ne me permit pas de te garder, à moins de te faire passer pour l’une de ses petites filles, ce que je n’osai lui demander, les gens auraient jasé. Je ne pouvais pas porter mon certificat de mariage pendu au cou pour empêcher les cancans. Je compris le bien-fondé de ses observations. De nouveau, le cœur meurtri, je me décidai à me séparer de ma fillette d’un an.

« Je te plaçai dans une maison que je croyais sûre, mais mon ex-mari finit par avoir vent de ta présence en cet endroit. Un jour, je reçus une lettre de lui. Je me la fis lire : il demandait son enfant, je ne daignai même pas lui faire répondre.

« Quelques semaines passèrent, de nouveau un beau matin, il vint une lettre à mon adresse et celle-ci était recommandée, force me fut donc d’en tenir compte. Comme je ne pouvais le faire moi-même, je me rendis chez le curé de la paroisse, un