Page:Filion - À deux, 1937.djvu/126

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— Rien, Mademoiselle, une faiblesse. Je suis sa mère. Pouvez-vous m’aider à la hisser sur le lit ?

Après bien d’inutiles efforts, elles réussirent enfin. Madame Lavoise remercia la jeune fille, lui signifiant de la sorte que sa présence n’était plus réclamée. Elle craignait tant, la pauvre mère, que Laure en revenant à elle ne laissât échapper une parole imprudente qui pourrait mettre ces étrangers au courant de ses affaires de famille.

Aussitôt seule, elle se mit à frictionner les tempes et le dedans des mains de sa fille, celle-ci entr’ouvrit les yeux, poussa un soupir et retomba dans son inconscience.

* * *

Tandis qu’au foyer, Maman Lavoise s’agitait autour de sa fille qui s’obstinait à ne pas vouloir reprendre l’usage de ses sens, Alexandre Daubourge passait dans sa chambre monacale les minutes les plus terribles de son existence.

Il était arrêté chez lui par hasard, entre deux appointements cet après-midi, pour trouver son père dans l’entrée de la conciergerie Frontenac, qui s’informait à la portière de l’heure à laquelle il avait coutume d’entrer.

— M. Daubourge, dit la matrone, il entre justement. Vous pouvez vous compter chanceux de tomber dessus de la sorte. Il n’a pas d’heures fixes. C’est comme cela, il entre quand bon lui semble.

Déjà la main tendue, Alexandre se précipitait vers son père. Un pareil enthousiasme ne répondait pas au sien, mais il ne laissa rien paraître de